Au moins sept personnes ont été tuées et 34 autres blessées dans des bombardements russes sur une zone résidentielle à Kharkiv, grande ville du nord-est de l'Ukraine, a annoncé vendredi le gouverneur régional.

"Les occupants ont tiré sur l'un des quartiers résidentiels de la ville de Kharkiv. Malheureusement, 34 personnes ont été blessées, dont trois enfants. Sept personnes ont été tuées, dont un enfant de sept mois", a déclaré sur Telegram Oleg Sinegoubov.

"La deuxième armée du monde (l'armée russe, NDLR), comme il s'avère, ne peut se battre qu'avec la population civile", a-t-il ironisé, appelant les habitants à ne pas sortir dans la rue sauf nécessité absolue.

Plus tôt vendredi, sept civils avaient été tués et 27 autres blessés dans des tirs russes sur des bus d'évacuation dans la région de Kharkiv, selon le Parquet ukrainien.

Plus de 500 civils ont été tués dans cette région frontalière de la Russie depuis le début de l'invasion de l'Ukraine le 24 février, avait annoncé jeudi M. Sinegoubov.

Deuxième ville d'Ukraine avec près de 1,5 million d'habitants avant la guerre, Kharkiv a été la cible de violents combats pendant plusieurs jours au début de l'offensive mais est toujours restée sous le contrôle des forces ukrainiennes.

Marioupol toujours visée

Pour la première fois depuis le début de l'invasion de l'Ukraine, la Russie a utilisé des bombardiers à longue portée pour frapper la ville portuaire assiégée de Marioupol, a affirmé vendredi le porte-parole du ministère ukrainien de la Défense, Oleksandr Motuzyanyk. La ville du sud-est du pays est assiégée depuis le 1er mars, mais n'est pas encore totalement aux mains des troupes russes, qui veulent s'en emparer pour créer une liaison terrestre entre les régions séparatistes du Donbass et la péninsule de Crimée annexée.

Selon M. Motuzyanyk, de violents combats de rue se déroulent dans la ville, principalement près de l'aciérie et du port.

La Russie a affirmé jeudi avoir le contrôle total du port de Marioupol, mais selon l'Ukraine, les combats se poursuivent dans la zone portuaire ce vendredi.

L'Ukraine dément avoir mené des attaques en territoire russe

Les services secrets ukrainiens (SBU) ont démenti avoir mené des attaques en territoires ukrainiens, dénonçant les "fausses accusations" de la Russie dans une publication Facebook.

Moscou a accusé jeudi l'armée ukrainienne d'avoir mené des frappes avec des hélicoptères dans un village russe proche de la frontière ukrainienne, dans la région de Bryansk. Selon la Russie, sept civils auraient été blessés dont un enfant.

Kiev rejette pour sa part ces accusations, dénonçant un incident planifié par la Russie pour attiser les tensions. Les services secrets ukrainiens ont rendu public des enregistrements audios qui, selon eux, contrediraient les accusations russes. L'authenticité de ces enregistrements n'a toutefois pas encore pu être démontrée.

La Russie a accusé à plusieurs reprises les forces armées ukrainiennes d'avoir mené des attaques en territoire russe, menaçant l'Ukraine d'augmenter les bombardements sur Kiev en représailles.

95% des victimes de Boutcha ont été tuées par balle

La quasi-totalité des personnes retrouvées mortes à Boutcha, près de la capitale ukrainienne, ont été tuées par balle, a déclaré vendredi le chef de la police de la région de Kiev Andriï Nebitov. "95% des gens ont été abattus avec des fusils de haute précision ou d'autres armes légères" dans cette banlieue du nord-ouest de Kiev, a déclaré le responsable lors d'un point de presse.

"Pendant l'occupation (russe), les gens étaient abattus dans les rues (...) Au 21e siècle, il est impossible de cacher de tels crimes. Non seulement des témoins ont vu cela, mais cela a également été enregistré en vidéo".

Des gendarmes français travaillent actuellement à Boutcha, aux côtés d'enquêteurs ukrainiens, pour mettre en place une procédure d'examen et d'identification des corps.

Les habitants de Boutcha ont enterré eux-mêmes les victimes pendant l'occupation de la ville par l'armée russe, qui s'en est finalement retirée le 30 mars, après près d'un mois de présence.

Selon le maire de Boutcha, Anatoli Fedorouk, plus de 400 corps au total ont été découverts dans sa ville depuis le retrait des troupes russes.

Quelques jours après le départ des troupes russes, des journalistes de l'AFP ont vu 20 corps d'hommes habillés en civil, l'un les mains liées, éparpillés dans une rue. Des dizaines d'autres ont été découverts depuis, tout comme plusieurs fosses communes.

Les massacres de Boutcha ont suscité l'émoi et des condamnations dans le monde entier, et poussé les alliés de Kiev à prendre de nouvelles sanctions contre la Russie.