L'ambassadeur britannique va bientôt quitter à regret Bruxelles

BRUXELLES David Colvin, le très british ambassadeur de Sa Gracieuse Majesté, ne tarit vraiment pas d'éloges à l'égard d'un pays qu'il va bientôt devoir se résoudre à quitter pour cause de retraite.

`La Belgique est certes un petit pays, mais c'est un pays fascinant nanti d'une immense diversité´, assure-t-il en connaisseur, ayant parcouru sa terre d'accueil en tous sens, d'Arlon à la côte en passant par Beloeil, Dinant, Bouillon, Liège, Bruges ou encore Anvers. Et bien d'autres. `Votre image est généralement positive auprès des Britanniques. Le problème, si problème il y a, est que vous avez aussi l'image d'un pays que l'on traverse rapidement pour aller visiter d'autres endroits. C'est dommage.´

Et pourtant, il y a une chose que David Colvin ne supporte pas en Belgique. Ce n'est pas le temps, ni meilleur ni moins plaisant qu'outre-Manche, même si l'ambassadeur britannique doit regretter on le comprend l'époque où il était en poste à Rome.

C'est plus prosaïquement notre priorité de droite! `Une invitation à avoir un accident´, dénonce-t-il, maugréant contre ces véhicules qui n'hésitent pas à débouler à toute vitesse de petites rues adjacentes, bien décidés à prendre cette fameuse priorité même au prix de quelques tôles froissées. `Et puis, quand on s'arrête, on perd alors cette priorité!´, poursuit David Colvin, qui n'hésite pas à prendre le volant lorsqu'il n'est pas véhiculé dans sa Rolls-Royce de fonction.

Pour le reste, David Colvin ne fait pas la fine bouche. La Belgique est d'ailleurs un `paradis gastronomique´, assure-t-il. Pour mieux l'apprécier, l'ambassade britannique s'est d'ailleurs dotée des services d'un chef belge, qui a donc mitonné des waterzoois ou autres plats à la bière pour la plus grande joie des papilles gustatives de David Colvin.

Et pourtant, l'ambassadeur garde la ligne. Il n'y a pas de secret. Tennis et squash permettent d'éliminer quelques calories. Et puis, David Colvin tente de manger avec modération, aidé en cela par son épouse. Quand le frigo déborde de chocolats, ils disparaissent comme par enchantement. `Ma femme me les confisque!´, confie-t-il, un large sourire aux lèvres.

Durant son séjour, David Colvin aura donc appris à connaître la Belgique `en profondeur´. Il a ainsi multiplié les visites aux quatre coins du pays. Anvers est l'une de ses villes favorites. La Grande-Place et le quartier du Cinquantenaire où il habite figurent parmi ses quartiers favoris de la capitale. Il arpente aussi avec joie les travées du bois de la Cambre. `Un endroit formidable qui doit être préservé´, souligne-t-il, tout en jetant un regard critique sur le peu de respect que les Bruxellois ont eu par le passé de leur patrimoine architectural. `Mais les leçons ont été tirées du passé. Il y a aujourd'hui une plus grande volonté de préserver la ville´, remarque-t-il là encore en toute connaissance: David Colvin avait déjà été en poste à Bruxelles au début des années 70.

Et puis l'ambassadeur britannique a rencontré des Belges, beaucoup de Belges. `Et pas uniquement le gratin´, confie-t-il en français, délaissant pour quelques instants la langue de Shakespeare. David Colvin, pourtant, dénote par rapport à ses compatriotes, qui ont la fâcheuse tendance à ignorer superbement les langues étrangères, et ce même dans les hautes sphères du pouvoir. Il avoue ainsi pratiquer l'allemand, le français, l'italien, l'espagnol, le hongrois, le thaï et le néerlandais. Mais il préfère ne pas trop s'aventurer sur le terrain de la langue de Vondel. `Si on veut parler une langue étrangère, autant la parler correctement. Or, je ne veux pas infliger mon pauvre néerlandais à mes interlocuteurs flamands qui connaissent tous, d'ailleurs, l'anglais!´