La principale coalition indépendantiste en Catalogne s'est dite, lundi après sa victoire aux élections régionales, en mesure de lancer le processus qui doit mener la riche région du nord-est de l'Espagne vers l'indépendance en 2017.

"Le message (des électeurs) est clair. Nous avons la majorité qui légitime totalement le fait d'initier le processus", a dit Raul Romeva, tête de liste de la coalition "Ensemble pour le oui", lors d'une conférence de presse à Barcelone, au lendemain des régionales qui donnent 72 sièges aux deux listes indépendantistes, soit la majorité absolue au parlement. Les résultats montrent cependant que leur camp n'a obtenu que 47,8% des suffrages.

"Si on voulait compter les voix pour le oui et pour le non, la solution était très facile, cela s'appelle référendum. Si quelqu'un avait voulu un référendum, il aurait fallu le faire", a-t-il ajouté. Le gouvernement de Madrid s'est opposé à la tenue d'un référendum.

M. Romeva a cependant ajouté être disposé au "dialogue" sur le mandat qui leur a été confié par les Catalans, c'est-à-dire uniquement sur la manière d'atteindre l'indépendance.

A Madrid, le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, a répété lundi qu'il ne discuterait de la fin de l'unité de l'Espagne.

Le président sortant catalan, l'indépendantiste Artur Mas, a de son côté du répondre à plusieurs questions sur son rôle au sein de la coalition alors que des appels à son départ se multiplient dans le camp du non.

La question n'est pas sans importance alors que la CUP, l'autre liste indépendantiste qui doit en principe s'allier à "Junts pel si" pour former une majorité parlementaire stable, a dit à plusieurs reprises qu'elle refuserait d'investir un exécutif dirigé par le président sortant.

M. Mas s'est référé au programme de la coalition, qui prévoit qu'il reste président.

Junts pel si et la CUP ont indiqué lundi qu'ils allaient démarrer un "round" de contacts afin de s'accorder en vue de former cette majorité. La Candidature d'unité populaire (CUP, extrême gauche), exige, outre la sortie de M. Mas, un "plan d'urgence sociale";


Rajoy "prêt à dialoguer" mais pas sur la "fin de l'unité" de l' Espagne

Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, s'est dit prêt lundi au "dialogue", au lendemain d'une victoire des indépendantistes catalans au parlement régional, mais toujours "dans le cadre de la loi" et jamais sur "la fin de l'unité de l'Espagne".

"Je suis prêt à écouter et à parler, mais en aucune façon à liquider la loi" et "je ne vais parler ni de l'unité de l'Espagne ni de la souveraineté", a-t-il affirmé, dans sa première déclaration après un scrutin catalan crucial. En Catalogne, "les prétentions de quelques uns étaient et restent en dehors de la loi, mais en plus maintenant, il a été démontré qu'ils n'ont pas l'appui de la majorité des citoyens", a-t-il insisté.