La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a demandé à la commissaire à la Santé, Stella Kyriakides, d'envoyer ce courrier demandant aux ministres de la Santé "de nous informer avec toute la transparence nécessaire sur leur respect des dispositions de notre stratégie de vaccination, en termes d'absence de contacts avec les firmes pharmaceutiques avec lesquelles nous avons été ou sommes en négociation", a indiqué le porte-parole en chef de la Commission, Eric Mamer.

Des questions ont surgi ces derniers jours sur la loyauté de certains Etats membres vis-à-vis du mandat confié à la Commission pour négocier en leur nom les achats anticipés de doses de candidats-vaccin.

En Belgique, le ministre-président flamand Jan Jambon avait ainsi reconnu la semaine dernière avoir tenté d'acheter des doses supplémentaires de vaccins anti-covid pour la seule Flandre, en contactant lui-même la firme Pfizer et d'autres fabricants. Son cabinet avait assuré que le but n'était pas de contourner le gouvernement fédéral ni les accords européens, mais de "signaler que nous sommes candidats pour acheter des vaccins dès que ce sera possible".

"Nous avons établi un cadre très clair, qui est légalement contraignant", avait rappelé dans la foulée Mme Von der Leyen. "Nous avons tous convenu qu'il n'y aurait pas de négociations parallèles, et pas de contrats parallèles", avait-elle martelé.

Le gouvernement allemand avait surpris lui aussi en annonçant un achat, sur une base bilatérale, de 30 millions de doses supplémentaires du vaccin BioNTech/Pfizer. Mais selon la Commission, cette commande doit être vue comme partie intégrante du lot de 100 millions de doses sur lequel l'exécutif européen détient une option, en plus des 200 millions de doses initialement commandées.

Il reste toutefois des questions sur le fait que l'Allemagne se réserverait ainsi près d'un tiers du stock optionnel de vaccins BioNTech/Pfizer. La répartition entre Etats membres se fait sur base de la population, avait insisté la Commission.

De son côté, le président chypriote Nikos Anastasiadis a indiqué ce dimanche dans la presse locale avoir sollicité son voisin Israël pour fournir des vaccins, précisant que le Premier ministre Benjamin Netanyahou s'était engagé à lui répondre dans les jours à venir.

Ces questions reviendront devant le Parlement européen ce mardi matin: la négociatrice en chef de l'UE pour les contrats relatifs aux vaccins contre le Covid-19, Sandra Gallina, y informera les députés des derniers développements en la matière.