Sofia transfère la dette de Tripoli vers un fonds

SOFIA Le gouvernement bulgare a décidé jeudi de faire don de la dette libyenne envers la Bulgarie au fonds humanitaire international pour la Libye, ce qui équivaut dans les faits à un effacement de la dette de Tripoli, selon l'agence de presse BTA. "Avec ces fonds, la Bulgarie ambitionne d'aider la Libye dans ses efforts pour moderniser son infrastructure médicale, de contribuer au traitement des enfants infectés par le VIH et au paiement de l'aide financière à leurs familles" , a fait savoir le service de presse du gouvernement, cité par l'agence.

La Bulgarie avait fait savoir la semaine dernière qu'elle envisageait d'effacer cette dette de 26 millions d'euros (intérêts non compris), au lendemain de la libération et du rapatriement des cinq infirmières bulgares et du médecin d'origine palestinienne détenus en Libye pendant huit ans, accusés d'avoir inoculé le virus du VIH à des enfants et condamnés à mort à deux reprises. Mais Sofia avait souligné que ce geste devrait être considéré comme un don humanitaire, et non comme le paiement d'une rançon.

La Bulgarie a toujours, comme la majeure partie de la communauté internationale et de nombreux experts scientifiques, réfuté la culpabilité des personnels soignants. Le président bulgare les a immédiatement graciés à leur retour au pays. Jeudi, le ministre des Affaires étrangères bulgare Ivailo Kalfin a rappelé qu'aucun remboursement de la dette n'avait eu lieu ces 18 dernières années. La dette remonte au régime communiste bulgare, qui est tombé en 1989. "Il n'y a pas d'accord clair avec la Libye sur le montant exact de la dette, particulièrement sur le montant des intérêts. Mais ceci est notre estimation de la dette", a déclaré M. Kalfin sur le montant évoqué. Le destinataire de la somme sera le Fonds international de Benghazi, une organisation non gouvernementale créée en janvier 2006 en Libye pour aider les enfants infectés.



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