Une minute de silence a été observée à 12H00 dans plusieurs institutions, dont les drapeaux ont été mis en berne.

"C'est mon enfance qui part un peu": quelques Parisiens ont bravé le froid pour venir au musée d'Orsay dans la matinée signer le livre d'or ouvert en l'honneur de l'ancien chef de l'Etat, "un grand bonhomme", "précurseur" parfois "incompris".

Puis les responsables politiques s'y sont pressés à leur tour l'après-midi, à commencer par le président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius, suivi de plusieurs membres du gouvernement. Le président du Sénat Gérard Larcher et de l'Assemblée Richard Ferrand ont fait aussi le déplacement, ainsi que son héritier à la tête de l'UDF, devenue le MoDem, François Bayrou.

La famille était également attendue au musée, où elle devait rencontrer le Premier ministre Jean Castex. "VGE", qui présida la France le temps d'un seul mandat, de 1974 à 1981, est décédé à l'âge de 94 ans le 2 décembre des suites du Covid-19, entouré des siens dans sa propriété d'Authon, petit village du Loir-et-Cher où il a été enterré samedi dans la plus stricte intimité familiale.

Pas "foule" comme Johnny

Emmanuel Macron, qui avait décrété cette journée de deuil national en l'honneur de cette "figure centrale de l'histoire de notre République", saluée par tous comme un modernisateur et un Européen convaincu, recevra sa famille à l'Elysée en milieu d'après-midi.

Le musée d'Orsay à Paris, créé en 1977 à l'initiative de l'ancien président, et fermé normalement pour cause de Covid-19, a été exceptionnellement ouvert pour la signature du Livre d'or.

Arrivé le premier pour signer le registre, Jean-Michel Quenet, ancien assistant parlementaire de "VGE", a salué sa "modernité". "J'étais adolescent à l'époque, ce qui m'a marqué c'est l'abaissement de l'age de la majorité à 18 ans", se souvient Marc Demoury.

"C'est grâce çà lui que j'ai eu la chance d'être accueilli en France", explique Jean Nghiem, un restaurateur de 52 ans, arrivé enfant du Cambodge, qui verrait d'un bon oeil qu'on accole le nom de Giscard d'Estaing à celui du musée d'Orsay, comme l'ont réclamé plusieurs responsables politiques.

Marie-Paule Lallemand, 77 ans, s'étonne toutefois du peu de monde venu le matin signer le Livre d'or: "Quand on voit que pour Johnny des foules entières se déplacent, et là les gens ne font pas l'effort...".

"Très discret"

D'autres registres ont été ouverts en France à l'initiative des préfets et des maires.

Celui du fief de "VGE", Chamalières (Puy-de-Dôme), a été installé à proximité de la mairie, sous un barnum, sur une table à côté d'un portrait de l'ancien président et de la gerbe de fleurs déposée jeudi, au nom d'Emmanuel Macron, par le ministre Jean-Baptiste Lemoyne.

Comme à Paris, peu de personnes ont bravé le froid. C'est un deuil national "très discret, mais cela lui ressemble", remarque Jacques Boulet, 72 ans.

Le fils cadet de Valéry Giscard d'Estaing, Louis, désormais maire de Chamalières, lui rendra hommage jeudi soir à l'ouverture du conseil municipal.

Le bureau de l'Assemblée nationale devrait de son côté proposer qu'une "plaque commémorative" soit apposée dans l'hémicycle, comme celle dévoilée le 23 septembre pour l'ancien président Jacques Chirac.

Les députés ont rendu hommage mardi à l'ancien chef de l'Etat, qui fut député du Puy-de-Dôme à de nombreuses reprises entre 1956 et 2002. Le Premier ministre Jean Castex avait insisté sur son "engagement européen" et rappelé qu'à cet égard "il ne fut pas toujours compris" à l'Assemblée.

Hospitalisé à plusieurs reprises ces derniers mois, Valéry Giscard d'Estaing avait fait l'une de ses dernières apparitions publiques lors des obsèques de Jacques Chirac, qui fut son Premier ministre puis plus tard son successeur.

Malgré les différends notoires entre les deux hommes, la veuve de Jacques Chirac, Bernadette, a écrit une lettre de condoléances à Anne-Aymone Giscard d'Estaing.