La décision est tombée lundi après-midi, les femmes portant le niqab, voile couvrant tout le visage à l'exception des yeux, seront désormais obligées de l'enlever lorsqu'elles témoignent ou sont auditionnées par les tribunaux britanniques. Le juge de la London's Blackfriars Crown Court a estimé qu'une jeune femme, âgée de 22 ans, devra répondre aux questions des avocats à visage découvert afin que le jury soit en mesure de voir son expression. Dans le système juridique britannique, dit de "common law", cette décision fera autorité à moins qu'elle ne soit renversée par une juridiction supérieure. C'est l'une des premières fois que la Grande-Bretagne fait une entorse à sa règle de tolérance absolue en matière de respect des coutumes des minorités religieuses.

Un débat national

Cette décision tombe quelques jours à peine après qu'une école secondaire de Birmingham, qui souhaitait interdire le port du voile intégral à ses élèves, ait été contrainte de renoncer face à la pression populaire. Il n'en fallait pas plus pour lancer un grand débat public sur la question. Le vice-Premier ministre Nick Clegg, du parti Lib-Dem, en coalition au gouvernement avec les Tories de David Cameron, a déclaré au HuffPost UK que, "ce serait contraire à l'esprit britannique de commencer à dire aux gens quoi porter, mais par contre, le niqab n'a pas sa place dans les salles de classe ou les aéroports". Le MP Jack Straw, un ancien ministre Labour des gouvernements Blair et Brown, souhaite quant à lui voir la justice aller plus loin et interdire le voile durant toute la durée des procès. 

Le HuffingtonPost souligne également que les femmes portant ce voile semblent mystérieusement absentes du débat. Pour qu'il s'agisse réellement d'un débat de société, il ne devrait pas concerner uniquement les journalistes et politiques masculins et laïques, argumentent-ils.

Pour rappel, la Belgique et la France ont interdit le port du voile intégral dans leurs espaces publics.