Monde La COP21 démarre à Paris : bien plus qu’une conférence, un enjeu pour la planète.

La COP21 n’est pas une conférence de plus sur le climat durant laquelle différentes théories seront mises sur la table, poussées par le lobby des écologistes. Cette grande conférence sur le climat, qui a davantage été mise en lumière ces derniers jours sous l’angle sécuritaire suite aux attentats du 13 novembre à Paris, présente en effet de véritables enjeux pour notre planète. Des grands mots, pour certains, des grands maux, c’est certain !

La liste des participants suffit à se convaincre de toute l’importance de la COP21. Poutine, Obama, le président chinois Xi Jinping, le Premier ministre indien Narenda Modi seront de la partie, parmi 146 États représentés (sur 195 que compte le monde) ! L’objectif ? S’engager, au sein de chaque nation, à apporter sa contribution pour atténuer au maximum le bouleversement climatique que nous vivons et ses conséquences désastreuses.

On est loin des réunions intimes des années 80 qui rassemblaient les scientifiques, même si la situation était déjà préoccupante et donnera naissance au GIEC (groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat). Le GIEC a déjà remis 5 rapports, confirmant que la Terre se réchauffe sous l’action de l’Homme, de ses industries et de sa surconsommation. S’ensuivront les sommets de Rio et de Kyoto, qui déboucheront sur certains engagements visant à limiter les gaz à effet de serre au sein des 37 pays industrialisés pointés du doigt comme principaux responsables.

Des mesures et des engagements pas toujours respectés et, surtout, insuffisants. La COP21 est pointée par certains comme capitale, sorte de dernière chance pour s’en sortir et inverser la tendance. L’objectif majeur est la conclusion d’un accord contraignant que s’engagent à respecter toutes les parties autour de la table pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Un combat difficile à mener, mais les États semblent avoir compris l’importance des enjeux, tout comme le monde de la finance et des entreprises qui s’est dit lui aussi prêt à apporter sa pierre à l’édifice.


5 choses à savoir

100 milliards par an pour le Sud

L’une des principales difficultés de l’accord réside dans le financement des politiques climatiques des pays du Sud par le Nord. En clair, les pays émergents sont devenus de gros émetteurs et les pays en développement préféreraient être aidés financièrement à s’adapter au changement climatique, dont ils sont les premières victimes. Ils réclament ainsi 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 pour mettre en œuvre des actions d’atténuation du changement climatique et d’adaptation.

Certains s’opposent à la contrainte

Si l’Union européenne souhaite qu’on élabore un Traité, avec tout l’aspect contraignant que cela implique, certains pays, les États-Unis en tête, s’y opposent. Or, si l’on n’aboutit pas à un Traité, rien ne prouve que les engagements pris lors de la COP21 soient finalement respectés. On pourrait dès lors accoucher d’un texte assorti de clauses imposant un suivi des engagements. Ce sera l’un des principaux défis de la conférence, sous peine d’en ressortir avec une simple liste de bonnes intentions. Et l’on sait généralement ce qu’il advient de ces intentions ressemblant à s’y méprendre aux résolutions qu’on prend en début d’année et dont il ne reste finalement rien douze mois plus tard…

Le pétrole au centre du bras de fer

Les États-Unis et la Chine sont les deux plus gros émetteurs de gaz à effet de serre au monde. Si la porte d’un accord semble aujourd’hui ouverte, c’est parce qu’ils ont manifesté leur intention de s’engager dans un développement plus vert. En revanche, les relations sont pour le moins tendues avec l’Arabie saoudite ou l’Inde qui, soit vivent du pétrole (or brûler du pétrole émet du CO2), soit veulent continuer à développer leur économie sans contraintes. La question de la transition énergétique sera donc aussi une clé de la réussite.

Objectif numéro 1 ? Ne pas dépasser 2 degrés !

Le réchauffement climatique est une réalité que personne ne nie. En cause ? Les gaz à effet de serre. Ils sont responsables d’une élévation de la température du globe de 0,85 degré depuis 1880. L’objectif de la COP21 est de parvenir à un accord mondial permettant de limiter le réchauffement moyen du globe à 2°C. C’est en effet le seuil au-dessus duquel les impacts sur l’environnement deviennent imprévisibles et incontrôlables : tempêtes, inondations, sécheresses… Or, aujourd’hui, le Giec estime que dans le pire des scénarios, c’est-à-dire dans le cas où les émissions de gaz à effet de serre continueraient à augmenter, la planète se réchaufferait de 4,8°C.

Un processus contraignant mais évolutif

Le modèle de Copenhague n’ayant pas porté ses fruits, l’objectif de la COP21 est de créer un processus évolutif pouvant être ajusté, aussi bien sur les ambitions initiales que sur les moyens pour l’appliquer. On envisage ainsi une révision quinquennale à la hausse des engagements des États.