Ces mesures de restriction sont justifiées par "la nécessité de prendre des mesures de prévention urgentes et immédiates pour protéger les élevages de volailles français d'une potentielle contamination par le virus influenza aviaire par les oiseaux sauvages en particulier dans les zones à risque particulier ou les départements traversés par des couloirs de migration", selon cet arrêté.

Des départements connus pour leur production de foie gras, comme les Landes et le Gers, notamment, figurent parmi ces territoires.

Le risque reste qualifié de "modéré" dans les autres départements.

La France est à ce jour indemne d'influenza aviaire hautement pathogène. Le retour de ce virus sur le territoire national aurait des conséquences économiques majeures pour la filière, qui pourrait voir se fermer les débouchés à l'exportation.

Les éleveurs de canards du Sud-Ouest ont été frappés à deux reprises, lors des hivers 2015/16 et 2016/17, par des épizooties de grippe aviaire, qui avaient occasionné des abattages massifs pour éradiquer la maladie et coûté des centaines de millions d'euros aux producteurs.

Le classement en risque "élevé" déclenche l'instauration de mesures de protection renforcées, dont l'obligation de confinement ou de pose de filets pour empêcher tout contact avec les oiseaux sauvages pour tous les élevages commerciaux de volailles et les basses-cours.

Par ailleurs, les rassemblements de volailles vivantes sont interdits, en particulier sur les marchés, de même que les lâchers de gibiers à plume par les chasseurs.

Il s'agit, selon l'exposé du ministère de l'Agriculture dans son arrêté, de "prendre en compte l'évolution sanitaire défavorable vis-à-vis de l'influenza aviaire dans l'avifaune en Europe".

Depuis l'apparition de foyers en Russie et au Kazakhstan cet été, l'épizootie, qui ne présente aucun danger pour l'homme, a progressé vers l'ouest, atteignant récemment les Pays-Bas.

"Depuis, une dynamique d'infection s'est emballée puisque 13 cas en faune sauvage et un foyer en élevage de poulets de chair aux Pays-Bas et 13 cas chez des oiseaux sauvages en Allemagne ont été déclarés. Le 3 novembre, le Royaume-Uni déclare également un premier foyer, dans le nord-ouest de l'Angleterre", souligne le ministère.

215.000 poules seront abattues aux Pays-Bas

Quelque 215.000 poules pondeuses vont être abattues après que des cas de grippe aviaire ont été détectés dans un élevage de volailles au sud des Pays-Bas, a annoncé jeudi le ministère de l'Agriculture néerlandais. "A Puiflijk, dans la commune de Druten, la grippe aviaire (H5) a été détectée dans un élevage avec des volailles pondeuses", a déclaré le ministère dans un communiqué. "Il s'agit probablement d'une variante hautement pathogène de la grippe aviaire", a-t-il précisé.

L'ensemble des poules de l'élevage, qui en compte environ 100.000, seront abattues afin d'éviter la propagation du virus, tout comme celles d'un élevage situé dans un rayon d'un kilomètre, qui compte lui 115.000 poules.

La ministre de l'Agriculture néerlandaise Carola Schouten a mis en place une interdiction de transport de volailles, d'oeufs, de fumier et de lisier dans une zone de 10 kilomètres autour de l'élevage, selon le communiqué.

Quelque 35.700 volailles ont déjà été abattues fin octobre dans un élevage situé à quelques kilomètres de Puiflijk.

Mme Schouten a imposé le 23 octobre un confinement préventif pour tous les élevages de volailles commerciales des Pays-Bas après que le virus aviaire hautement pathogène H5N8 a été détecté sur deux cygnes tuberculés, poussant la France à renforcer ses mesures de prévention.