"La Hongrie protège le droit des enfants à s'identifier en fonction de leur sexe", est-il écrit dans le projet de texte envoyé au parlement par la ministre de la justice Judit Varga. "L'éducation est assurée conformément aux valeurs fondées sur l'identité constitutionnelle de la Hongrie et la culture chrétienne", peut-on également lire. Depuis le mois de mai, il est déjà légalement interdit d'inscrire un changement de sexe à l'état civil dans ce pays d'Europe centrale, membre de l'Union européenne (UE), dont le Premier ministre Viktor Orban, au pouvoir depuis dix ans sans interruption, promeut "l'illibéralisme".

Ce nouveau projet de modification de la constitution intervient alors que Budapest s'oppose à un projet de mécanisme conditionnant le versement des fonds européens notamment au respect de la charte européenne des droits fondamentaux, qui garanti entre autres les droits des minorités sexuelles et de genre. Le mécanisme communautaire doit être entériné par les Etats à la majorité qualifiée et Viktor Orban menace de veto l'ensemble du budget si ce principe est adopté.

L'ONU, le Conseil de l'Europe, l'OSCE et l'UE accusent régulièrement M. Orban d'adopter des lois non conformes au droit et aux valeurs européennes. Par le passé, la Hongrie a été condamnée par la justice européenne pour le non respect de ses engagements, depuis son adhésion en 2004, et de la primauté du droit communautaire sur les législations nationales.