Dans un requisitoire publié ce lundi sur facebook, le Premier ministre français Manuel Valls répond à tous ceux qui lui reprochent sa volonté de retirer la nationalité française aux binationaux qui auront été condamnés pour des faits de terrorisme. 

Il explique à ceux qui l'accusent de vouloir mener une politique d'extrême droite, que d'autres pays démocratiques ont adopté le même principe. Il ajoute qu'en Belgique, "le même débat existe". Sur ce coup-là, le Premier ministre français est mal informé. En effet, le débat n'existe plus: il est tranché depuis belle lurette. La majorité fédérale a adopté en juillet une loi autorisant un juge à prononcer la déchéance de nationalité pour les auteurs de crimes terroristes.

Mais Manuel Valls serait bien mal inspiré de prendre le cas belge en exemple. La loi adoptée par son voisin du nord est bien différente de celle qu'il s'apprête à soumettre au parlement français. Le gouvernement belge a en effet renoncé à autoriser la déchéance de nationalité à des personnes qui sont nées belges. Ce que la France ne semble toujours pas envisager.

Il est vrai que les débats ont été ardus. La N-VA était partisane du modèle "hard" prévoyant la possibilité du retrait de la nationalité belge d'un terroriste quelle que soit la façon dont elle avait été acquise. Mais le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V )s'y est opposé. Il a fait valoir des immigrés de la deuxième ou troisième génération n'avaient parfois plus aucun lien avec le pays d'origine de leurs parents ou de leurs grands-parents. Il a fini par convaincre les autres membres de la majorité. Y compris la N-VA. Mais pas Manuel Vals.