La Belgique a été plus touchée que ses voisins du Benelux avec une baisse de 7,3% des heures de travail (contre -4,3% aux Pays-Bas et -3,7% au Luxembourg). Au sein de l'Union européenne, le pourcentage est proche du niveau international (8,3%).

Ces pertes massives ont entraîné une baisse de 8,3% des revenus du travail dans le monde -si l'on ne tient pas compte des plans d'aide qui ont fleuri un peu partout-, soit 3.700 milliards de dollars ou encore 4,4% du Produit intérieur brut mondial, précise l'OIT.

Pour ajouter un peu plus à la noirceur du tableau, l'OIT souligne que les chiffres du chômage, sont trompeurs: "71% de ces pertes d'emplois (81 millions de personnes) relèvent de l'inactivité plutôt que du chômage, ce qui signifie que ces personnes ont quitté le marché du travail parce qu'elles n'étaient pas en mesure de travailler, peut-être en raison des mesures de restrictions liées à la pandémie ou, tout simplement, parce qu'elles ont cessé de chercher du travail".

Depuis que le virus du Covid-19 a été détecté en Chine à la fin de 2019, la pandémie a précipité le monde dans une grave crise économique en plus de faire plus de 2,1 millions de morts et d'infecter une centaine de millions de personnes. Et ces chiffres officiels sont sans doute très en-deçà de la réalité.

"Les dernières prévisions pour 2021 indiquent que la plupart des pays devraient connaître une croissance relativement forte dans la deuxième moitié de l'année, au fur et à mesure que les programmes de vaccination seront opérationnels", indique le rapport.

L'Observatoire de l'OIT a prévu trois scénarios. Celui de référence table sur une baisse de 3% des heures de travail en 2021, si la pandémie est sous contrôle et si la confiance des entreprises et des consommateurs revient.

"Nous sommes à la croisée des chemins. L'un d'entre eux mène vers une reprise économique inégale, non-durable, une reprise teintée d'inégalités grandissantes et d'une instabilité croissante, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles crises", met en garde Guy Ryder, directeur général de l'OIT, en indiquant qu'un autre chemin est possible qui passe "par une reprise centrée sur l'humain afin de mieux reconstruire en donnant la priorité à l'emploi, aux revenus et à la protection sociale, au droit du travail et au dialogue social".

En attendant de voir quelles mesures seront mises en oeuvre pour aider la reprise, l'OIT note que les femmes ont été plus touchées que les hommes.

Les jeunes travailleurs ont été également particulièrement impactés, soit en perdant leur emploi, soit en quittant la vie active ou encore en retardant leur entrée sur le marché du travail, note le rapport, qui parle de risque "d'une génération perdue".