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Excès de vitesse, stationnements illégaux... Les avis de contravention se sont accumulés dans la boîte aux lettres de Laura (nom d’emprunt), une habitante des environs de Lille. 

"Il y en a pour plus de 6000 euros, sans compter les rappels", explique la jeune femme au quotidien Le Parisien.

Pourtant, cela fait quatre ans qu'elle ne roule plus avec la voiture verbalisée, une Audi A3 break. Dans un premier temps, Laura ne s'est pas inquiétée, mais les prunes ont continué de tomber. "J'en ai reçu plus de soixante. J'ai fini par perdre tous mes points, et par perdre mon permis de conduire", raconte-t-elle. Depuis le 15 octobre 2015, le véhicule lui a été retiré suite à la décision d'un juge d’instruction. La voiture est aux mains d'agents d'un service d'enquête de la Direction centrale de la police judiciaire. 

Trafic de stupéfiants

Maître Audrey Jankielewicz, l'avocate de Laura, a expliqué à nos confrères français la raison de la saisie du véhicule. Un des frères de la jeune femme est au centre d'une instruction pour trafic de stupéfiants menée à Valenciennes. Laura est incapable d'expliquer l'origine des fonds qui ont permis l'acquisition de l'Audi. Elle se retrouve en examen pour blanchiment. "Je n'ai rien à voir avec les affaires de mon frère, je n'avais jamais eu de souci avec la justice", assure-t-elle.Trop trad. L'auto est saisie et remise à un service d'enquête avec ses clés et sa carte grise. La police a-t-elle le droit d'utiliser le véhicule? "Normalement, la carte grise aurait dû être d'emblée barrée. Or cela n'a pas été fait ", suppose Me Audrey Jankielewicz.

La confiscation définitive du break Audi est également ordonnée par le tribunal. Les amendes continuent de tomber. 

Lettres au juge, à la préfecture du Nord, aux différentes juridictions, au Centre national de traitement des infractions routières de Rennes: Me Jankielewicz se démène pour Laura, en vain.

Laura refuse de rendre son permis de conduire. Depuis plusieurs semaines, elle ne reçoit plus d'avis de contravention mais on lui réclame toujours l'argent pour les amendes des derniers années. "On me dit qu'il faut quand même payer, mais je ne veux pas payer pour quelque chose que je n'ai pas commis", conclut la jeune femme.