Née en Union soviétique, cette professeure de droit à la prestigieuse université Cornell devait être nommée à la tête de l'OCC (Office of the Comptroller of the Currency), l'agence qui supervise deux tiers du système bancaire américain, comprenant 1.200 entités et 14.000 milliards de dollars d'actifs.

Elle a décidé de retirer sa nomination après que plusieurs sénateurs républicains ont faussement insinué qu'elle possédait des convictions communistes, et que plusieurs élus des deux partis se soient inquiétés de ses positions passées sur les réformes bancaires.

Défendant son CV d'"ardente défenseure des consommateurs", Joe Biden s'est lamenté mardi soir que Saule Omarova ait été sujette "à des attaques personnelles inappropriées qui sont allées bien au-delà de l'entendement" dans un communiqué.

Lors d'une audition le mois dernier devant le Sénat qui devait confirmer sa nomination, le sénateur ultra-conservateur John Kennedy avait suggéré que l'enfance d'Omarova dans le Kazakhstan soviétique pouvait indiquer une possible allégeance communiste, déclarant: "Je ne sais pas si je dois vous appeler +professeure+ ou +camarade+".

Mais sa nomination est toujours apparue comme ayant peu de chances de passer au Sénat, l'ensemble des républicains et certains démocrates ayant exprimé leurs inquiétudes à propos de propositions de politiques bancaires qu'elles avaient formulées.

Le sénateur démocrate Sherrod Brown a cependant accusé de "puissants intérêts" privés d'être responsables d'une "campagne de calomnie sans relâchement qui rappelle la Peur rouge du maccarthysme" des années 1950, quand la traque aux communistes battait son plein aux Etats-Unis en pleine Guerre froide.

"J'ai une profonde estime pour la confiance que le président Biden a en mes capacités. A ce stade de la procédure cependant, il n'est plus tenable pour moi de continuer", a déclaré Saule Omarova dans un communiqué.

Michael Hsu, à la tête de l'OCC par intérim depuis mai, est désormais favori pour obtenir le poste.