Quelque 1.500 personnes y sont attendues, dans le cadre de la Journée annuelle du Commmonwealth, auquel la souveraine, qui aura 96 ans en avril, est très attachée.

"La reine a demandé au prince de Galles de représenter Sa Majesté au service du Commonwealth à l'abbaye de Westminster lundi" a indiqué le palais de Buckingham dans un communiqué, précisant que la reine "poursuivra d'autres engagements prévus, y compris des engagements en personne dans la semaine qui vient". Le palais n'a donné aucune raison à cette annulation.

Depuis des mois, les apparitions de la souveraine sont devenues rares. Après avoir passé une nuit à l'hôpital en octobre, pour des "examens préliminaires" sur lesquels aucun détail n'a jamais été donné, la souveraine, qui a célébré en février ses 70 ans de règne, s'est limitée à des "tâches légères" au château de Windsor, sur avis de ses médecins.

L'annulation annoncée vendredi, assurée de relancer les interrogations sur sa santé, s'ajoute à celle d'une réception diplomatique le 2 mars, qui devait être son premier engagement d'envergure depuis octobre.

La reine doit aussi assister le 29 mars à l'Abbaye de Westminster à une cérémonie à la mémoire du prince Philip, son époux décédé en avril dernier.

Covid léger 

Le palais avait annoncé le 20 février qu'elle avait attrapé le Covid, parlant de "symptômes légers".

Toujours stoïque, la souveraine, visiblement plus frêle ces derniers mois, a depuis repris quelques activités légères, recevant une poignée d'ambassadeurs par visioconférence au château de Windsor où elle vit depuis la pandémie, pour des lettres de créance.

Son fils le prince Charles a affirmé début mars que la doyenne mondiale des monarques en exercice se portait "désormais beaucoup mieux".

Le 7 mars, la souveraine a reçu en personne le Premier ministre Justin Trudeau qu'elle connaît depuis qu'il est enfant.

"Elle était plus perspicace que jamais et très intéressée par ce qui se passe" a-t-il déclaré après la rencontre, dont les photos montraient une reine détendue et souriante.

Mais la cérémonie prévue lundi après-midi dans le cadre de la journée annuelle du Commonwealth, qui devait être retransmise en direct à la télévision, était d'une autre dimension, avec 1.500 personnes attendues, dont le Premier ministre britannique Boris Johnson, une foule d'hommes politiques, d'ambassadeurs et dignitaires du Commonwealth, et plusieurs membres de la famille royale dont le prince Charles, héritier de la Couronne.

La reine est très attachée au Commonwealth, association de 54 pays, dont quinze royaumes dont elle est la souveraine.

Connue pour sa santé solide, elle avait été vue s'aidant d'une canne pour la première fois le 12 octobre. Après sa brève hospitalisation, elle avait annulé plusieurs engagements dont un déplacement à la conférence sur le climat (COP 26) à Glasgow en novembre. Le palais avait ensuite expliqué qu'elle avait mal au dos, pour expliquer une autre annulation de dernière minute quelques jours plus tard.

La souveraine a confié le mois dernier qu'elle avait des problèmes de mobilité. "Comme vous pouvez le voir, je ne peux pas bouger", a-t-elle déclaré en montrant sa jambe gauche, en recevant deux militaires.

Le service religieux à Westminster - avec défilé de drapeaux et pièce musicale spécialement composée pour ses 70 ans de règne (Jubilé de platine) n'avait pas eu lieu l'an dernier en raison de la pandémie de Covid.

En mars 2020, au début de la pandémie, cette cérémonie avait été le dernier engagement officiel du prince Harry et de son épouse Meghan Markle, avant qu'ils ne partent vivre en Californie, s'affranchissant de leurs engagements royaux.

L'atmosphère avait été décrite comme glaciale entre le couple et le prince William - frère du prince Harry - et son épouse Kate.

Quatre jours de festivités sont par ailleurs prévus en juin pour célébrer son jubilé de platine, avec défilé militaire à Londres, pique-niques géants, reconstitution historique de ses 70 ans de règne, et concert au palais de Buckingham.