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Vladimir Poutine a averti mercredi que la Russie comptait déployer des missiles capables d'atteindre "les territoires où se trouvent les centres de décision" en réponse au déploiement par les Etat-Unis de nouveaux systèmes en Europe.

"La Russie n'a pas l'intention de déployer la première de tels missiles en Europe. S'ils sont déployés et livrés sur le continent européen, cela envenimera gravement la situation et créera de graves menaces pour la Russie", a déclaré le président russe dans son discours devant le Parlement, relevant que certains missiles pouvaient atteindre "Moscou en 10-12 minutes".

"Je vais le dire clairement et ouvertement : la Russie sera contrainte de déployer des armements qui pourront être utilisés non seulement contre les territoires d'où peut provenir une menace directe, mais aussi contre les territoires où se trouvent les centres de décision d'usage de missiles nous menaçant", a-t-il poursuivi.

Cet avertissement intervient après que Washington a suspendu sa participation au traité INF interdisant les missiles sol-sol d'une portée de 500 à 5.500 km, accusant la Russie d'enfreindre les dispositions de ce document signé en 1987. En retour, Moscou a fait de même et, sauf coup de théâtre, le traité deviendra caduc en août.

Vladimir Poutine a accusé les Etats-Unis d'utiliser des "accusation imaginaires envers la Russie pour motiver leur sortie unilatérale", estimant qu'ils "auraient dû dire les choses honnêtement".

"Nous sommes prêts aux négociations sur le désarmement mais nous ne comptons pas frapper à une porte close. Nous attendrons que nos partenaires reconnaissent la nécessité d'un dialogue sur une base d'égalité", a-t-il averti.

Le président russe a ensuite longuement détaillé les progrès dans la conception des nouvelles armes, notamment les missiles "hypersoniques" présentés en détail l'an dernier dans son discours au Parlement.

Il a appelé les Américains à "calculer la portée et la vitesse de nouveaux armements à venir".

"Nous ne demandons que cela : qu'ils calculent et que seulement après ils prennent leurs décisions susceptibles de créer de nouvelles menaces sérieuses pour notre pays et qui conduiront, évidemment, à des représailles de la Russie", a-t-il averti.