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La sécheresse au Botswana et dans les pays avoisinants menace actuellement de manière critique la faune, le bétail et les humains, qui dépendent désormais des mêmes ressources.

Plus de 100 éléphants sont morts au cours des deux derniers mois dans le nord du Botswana à la suite d'une épidémie d'anthrax, ou maladie du charbon, le symptôme d'une grave sécheresse, a indiqué un fonctionnaire. L'épidémie ne s'arrêtera qu'après le retour de la pluie, selon Félix Monggae du ministère du Tourisme et de la Vie sauvage.

En manque de pâturages, les éléphants finissent par fouler des sols exposés à la bactérie responsable de la maladie.

Dans la région du lac Ngami, 200 hippopotames et près de 40.000 bovins ont péri. Nombre d'entre eux ont été piégés par la boue apparaissant à mesure que le lac s'assèche.

Le Botswana connaît généralement des pluies au printemps et en été (entre octobre et avril). Jusqu'à présent, rien n'est tombé.

La Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) a rapporté que les changements climatiques avaient "lourdement affecté" la région. Une grande partie de l'Angola, du Botswana, de la Namibie, d'Afrique du Sud, de Zambie et du Zimbabwe ont enregistré les plus faibles niveaux de précipitations saisonnières depuis au moins 1981, selon un rapport du SADC.

Le delta de l'Okavango, au nord du Botswana, abrite des milliers d'éléphants, d'hippopotames et de crocodiles, mais il s'assèche également, a expliqué M. Monggae. Les eaux additionnelles provenant des rivières ne sont pas arrivées non plus.

Les prairies s'appauvrissent avec pour conséquence une concurrence entre la faune et le bétail pour survivre.

Des éléphants s'approchent aussi davantage des zones habitées à la recherche de nourriture, ce qui cause des "conflits entre les hommes et les animaux".

De plus, lorsque les animaux s'éloignent de leurs zones protégées, ils deviennent vulnérables au braconnage. La vie humaine en est également menacée. Au Zimbabwe voisin, 50 éléphants sont morts à cause de la sécheresse et 19 personnes vivant dans des communautés adjacentes aux réserves ont été tuées par des animaux sauvages.

Pour l'instant, certaines organisations comme la Elephant Protection Society tentent de distribuer de l'eau aux animaux pour les éloigner des zones d'habitation. Mais les habitants "prient tous les jours pour que la pluie arrive, et vite", des mots de Félix Monggae.