A l'approche du trou noir, certains astres sont littéralement avalés par sa force d'attraction phénoménale, qui empêche même la lumière de s'en échapper.

D'autres subissent une dislocation progressive, dans ce que les astronomes appellent un effet de nouilles ou "spaghettification". Dans le cas observé, l'étoile y a perdu presque la moitié de sa masse en l'espace de six mois.

"C'est exactement ce qui arrive dans un évènement de rupture par effet de marée", ou TDE, a dit l'astronome britannique Matt Nicholl, de l'Université de Birmingham, auteur principal de l'étude parue dans les Monthly Notices de la Royal Astronomy Society.

En s'approchant, l'étoile commence par s'aplatir puis s'étirer sous l'effet des forces de marée dues au trou noir, en prenant la forme d'un cigare ou d'une crêpe, a expliqué à l'AFP Stéphane Basa, directeur de recherche au laboratoire d'astrophysique de Marseille. "Lorsque ces forces dépassent la force de cohésion de l'étoile, celle-ci perd des morceaux qui s'engouffrent dans le trou noir."

Un des principaux apports de l'étude est de mieux comprendre comment la matière est absorbée, sous la forme en l'occurrence de fins filaments. Mais aussi de montrer, "pour la toute première fois" selon M. Basa, qu'une partie de la matière de l'étoile était éjectée à l'opposé du trou noir.

La proximité relative de l'évènement, à environ 215 millions d'années lumière, a permis de mobiliser rapidement de nombreux moyens d'observation, dont ceux de l'Observatoire européen austral (ESO). Il est si rare qu'il faudrait observer 10.000 galaxies pendant un an pour espérer en détecter un autre.