Recep Tayyip Erdogan avait annoncé cette décision fin septembre à New York, faisant de son pays le 191e à ratifier cet accord qui devait permettre, lors de son adoption en 2016, de limiter la hausse des températures moyennes sur la planète à 2 degrés et si possible à 1,5°C.

Cette ratification intervient à trois semaines de la conférence mondiale sur le climat sous l'égide de l'ONU (COP26), qui s'ouvrira fin octobre à Glasgow (Royaume-Uni).

La Turquie avait signé l'Accord de Paris en 2016. Elle était l'un des derniers grands pays émetteurs de gaz à effet de serre à ratifier le texte.

Manquent encore l'Iran, l'Irak, la Libye, le Yémen et l'Ethiopie.

M. Erdogan avait jusqu'à présent justifié son abstention en invoquant des injustices liées aux obligations et au partage du fardeau, en termes de réduction des émissions polluantes: pour Ankara, les efforts doivent être différenciés entre pays industrialisés, catégorie à laquelle le pays appartient néanmoins.

Les émissions nettes de gaz à effet de serre de la Turquie ont augmenté de plus de 150% depuis 1990, selon les chiffres officiels turcs.

Mais la question climatique s'est brutalement imposée dans le pays cet été après une succession d'événements météorologiques extrêmes, dont des incendies de forêt sur la côte méditerranéenne et des inondations dans le nord, qui ont fait une centaine de victimes et causé d'importants dégâts à la nature.

La Turquie est également frappée par une sécheresse persistante, qui oblige déjà certains producteurs à abandonner leur terre et d'autres à se tourner vers de nouvelles cultures moins gourmandes en eau.

Les défenseurs de l'environnement s'alarment de la volonté d'Ankara de renforcer sa production énergétique à base de charbon, alors que la Turquie projette officiellement de réduire de 21% ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030.

Sur la base des engagements actuels des Etats membres de l'Accord, "le monde est sur le chemin catastrophique de + 2,7°C", a récemment mis en garde le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, soulignant que "si nous ne changeons pas de trajectoire collectivement, il existe un grand risque d'échec de la COP26" à Glasgow.

La conférence se tiendra en Ecosse du 31 octobre au 12 novembre.

Une étude menée en avril a montré que les trois quarts des Turcs avaient conscience des changements climatiques. Parmi les principales conséquences citées par les personnes interrogées, la multiplication des évènements météorologiques extrêmes, la pollution de l'air et la hausse des prix des denrées alimentaires, sujet brûlant dans un pays frappé par l'inflation.