"Il faut doubler la production de vaccins", a-t-il insisté, tout en rappelant que 11 milliards de sérums sont nécessaires pour obtenir l'immunité collective d'ici 2022. "En Europe, 68 doses ont été administrées pour 100 habitants contre 1,8 dose pour 100 habitants en Afrique", a illustré le Portugais, qui se déplaçait pour la première fois à l'étranger depuis sa réélection pour un second mandat (2022-2026) à la tête de l'Organisation des Nations Unies.

Le Premier ministre Alexander De Croo a lui aussi souligné l'urgence de partager plus équitablement les doses de vaccins dans toutes les régions du monde. "La pandémie n'est pas terminée. Si la Belgique et d'autres pays européens sortent d'une période de confinement strict; dans d'autres pays, les efforts de vaccination sont loin derrière. Il est dès lors important d'augmenter la capacité globale de production. La Belgique, en tant que l'une des puissances vaccinales du monde, continuera à jouer un rôle important à cet égard", a-t-il assuré à l'issue de sa rencontre au 16, rue de la Loi avec António Guterres. "Plus vite nous le ferons, plus forte sera la reprise", a complété M. De Croo.

La Belgique s'est dernièrement engagée à faire don de quatre millions de doses à Covax d'ici la fin de l'année et a contribué à hauteur de quatre millions d'euros au mécanisme. Covax, qui est codirigé par l'Organisation mondiale de la Santé, est un dispositif de coopération internationale afin d'aider les pays défavorisés.

Les deux hommes ont ensuite fait remarquer que la pandémie avait exacerbé les inégalités à travers le globe, en frappant plus durement les pays les plus vulnérables. L'Afrique, "un voisin proche de l'Europe", comme l'a relevé M. Guterres, se trouve dans une situation difficile car le continent n'a jusqu'ici pas suffisamment été approvisionné en vaccins. Et ces inégalités risquent d'augmenter encore dans de nombreux pays africains faute de pouvoir rattraper leur retard économique né de la crise. "D'après les projections, la croissance en Afrique devrait s'établir à 3,4% contre 5,6% dans le monde", a pointé le chef de l'Onu, avant d'appeler à "augmenter la solidarité internationale, les liquidités disponibles et à alléger la dette" de ces pays.

"Pour la première fois en 20 ans, l'extrême pauvreté est de nouveau en hausse. Nous devons inverser cette tendance", a ajouté M. De Croo. Alors que la Commission européenne a approuvé hier/mercredi le plan de relance post-Covid de la Belgique, le Premier ministre a invité à concevoir un "plan de relance mondial" et à "réparer les dégâts causés en matière de développement."

Alexander De Croo a par ailleurs rappelé que le multilatéralisme, au cœur duquel se trouve les Nations Unies, fait partie de l'ADN diplomatique de la Belgique. "Cette pandémie mondiale nous a appris que l'action collective est la seule voie à suivre", a-t-il souligné.

Alexander De Croo et António Guterres ont ensuite rapidement abordé le sujet du réchauffement climatique alors qu'a lieu à Glasgow, en novembre, la 26e Conférence sur les changements climatiques, organisée par les Nations Unies.

"La Belgique poursuivra ses efforts en matière de financement international dans la lutte contre le changement climatique pour accompagner les pays les plus vulnérables", a affirmé M. De Croo.

Si M. Guterres a félicité la Belgique et l'Union européenne pour leurs ambitions de réduction des émissions de CO2, il a encouragé à matérialiser les engagements pris à Paris. "Le chemin à parcourir est encore long et ce chemin ne sera pas parcouru sans un leadership européen", a-t-il estimé.

Interrogé sur la crise migratoire, le Secrétaire général de l'Onu a plaidé pour une meilleure organisation des flux de migrants par des voies légales, de manière à ne plus laisser le champ libre au trafic illicite pratiqué par les passeurs et trafiquants d'êtres humains.

Membre fondateur de l'Onu, la Belgique est le 22e plus grand contributeur (sur 193 Etats) au budget ordinaire de l'organisation.