"Indigne", "perte de contrôle" : tels sont certains des propos lancés par des parlementaires iraniens

CARACAS Vendredi dernier, le Venezuela a célébré, en grande pompe, les funérailles d'Etat du président Hugo Chavez, décédé d'un cancer. Parmi les 32 chefs d'Etat et de gouvernement étrangers présents, figurait notamment le très controversé Mahmoud Ahmadinejad. L'Iranien est apparu très ému. Agenouillé sur le cercueil, il a d'ailleurs semblé réprimer des larmes au moment de réciter une prière entre ses lèvres.

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Mais en Iran, pays allié du régime chaviste, ce n'est pas la tristesse du président qui a retenu le plus l'attention. C'est davantage la manière dont il a formulé ses condoléances à la mère du défunt. Car Mahmoud Ahmadinejad a, ô sacrilège, osé prendre les mains d'Elena Frias dans les siennes, avant de poser son visage sur celui de la sanglotante madre. Or, comme le précise le site RFERL, la tradition veut que les responsables du pays perse "s'inclinent devant les femmes qu'ils sont amenés à croiser à l'étranger".

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Les conservateurs et intégristes iraniens n'ont pas tardé à réagir et crier au scandale. Une telle proximité homme-femme en public, ponctuée, qui plus est, par un contact physique, en a fait s'étrangler quelques-uns qui y voient une infraction aux principes de l'islam.

"Indigne", "perte de contrôle" : tels sont certains des propos lancés par des parlementaires pour qualifier le comportement de leur outrageux président. Ce dernier n'a pas (encore) réagi. Cependant, un autre parlementaire, qui était présent aux obsèques, a affirmé que Mahmoud Ahmadinejad "n'a pas embrassé la mère d'Hugo Chavez", comme le stipule le HuffingtonPost.

L'admiration française qui dérange

En France aussi, la polémique enfle suite à ces funérailles. L'hommage appuyé du ministre des Outre-mer, Victorin Lurel (voir photo ci-dessous), à Hugo Chavez a fait grincer des dents à droite, certains élus réclamant une prise de distance officielle de la part de François Hollande ou Jean-Marc Ayrault.

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"J'ai honte pour mon pays (...) M. Hollande réagissez!", a tweeté dimanche l'ancien ministre de la Défense et député UDI Hervé Morin, emboîtant le pas à une demi-douzaine d'élus et responsables de l'opposition qui depuis samedi ont exprimé leur indignation.

En cause: des propos du ministre des Outre-mer qui représentait le gouvernement français aux obsèques du président vénézuélien. Interrogé après la cérémonie, Victorin Lurel a confié son émotion et une certaine admiration pour le leader sud-américain qu'il avait rencontré et qu'il a comparé à de grandes figures de la politique française.

"Chavez c'est de Gaulle plus Léon Blum", a-t-il dit, "De Gaulle parce qu'il a changé fondamentalement les institutions et puis Léon Blum, c'est-à-dire le Front populaire, parce qu'il lutte contre les injustices". "Moi je dis, et ça pourra m'être reproché, (...) que le monde gagnerait à avoir beaucoup de dictateurs comme Hugo Chavez puisqu'on prétend que c'est un dictateur. Il a pendant ses 14 ans (au pouvoir au Venezuela) respecté les droits de l'Homme", a aussi déclaré le ministre.

Le propos tranchait avec la retenue affichée par le président Hollande dans son communiqué officiel quelques heures après la mort de Chavez, ou celle de Najat Vallaud-Belkacem mercredi. "Hugo Chavez ne laissait personne indifférent et, sans nécessairement partager ses orientations, on ne peut évidemment que saluer la volonté qui était la sienne de justice et de développement", avait déclaré la porte-parole du gouvernement.

© La Dernière Heure 2013