Entrée il y a deux ans dans la liste de l'Organisation Mondiale de la Santé, la nébuleuse "maladie X" ressemblerait, en certains points, au coronavirus (Covid-19)

"Maladie X". C'est un nom qui semble tout tout droit sorti d'un film catastrophiste. Il s'agit pourtant d'une théorie sérieuse : la "maladie X", causée par un virus hypothétique dénommé Clade X ,est le fruit d'une étude théorique du Johns Hopkins Center for Health Security. En février 2018, l'OMS (Orrganisation Mondiale de la Santé), avait, à la surprise de certains, ajouté cette inexistante "maladie X" à la liste des "dangers internationaux" à laquelle le monde devait se préparer. "La maladie X a été incluse dans la liste, non pour terrifier, mais pour veiller à ce que la communauté internationale en santé soit prête à s'attaquer à toutes les formes de menaces, prévisibles et imprévisibles", expliquait alors l'institution dans un communiqué, justifiant sa démarche.

Vu l'ampleur et la propagation de la crise du coronavirus (Covid-19), d'aucuns se demandent, aujourd'hui, si le nouveau coronavirus ne serait pas cette fameuse "Maladie X" épinglée comme menace internationale par l'OMS il y a deux ans.

Plusieurs critères incitent à établir ce parallèle. 

Primo, la nature pandémique du virus. "Qu'elle soit contenue ou non, cette épidémie devient rapidement le premier véritable défi pandémique qui correspond à la catégorie de la maladie X", explique ainsi la chercheuse hollandaise Marion Koopmans, chef des virosciences au Centre médical universitaire Erasmus de Rotterdam, dans la revue Cell.

Le manque de réponse thérapeutique immédiate est un autre élément qui permettrait de ranger le coronavirus dans la catégorie de la "maladie X". Si des centaines de chercheurs travaillent à l'élaboration d'un vaccin, il ne verra pas le jour avant plusieurs mois, au plus vite. 

Peu importe, finalement, la terminologie utilisée : le coronavirus représente, déjà, avec plus de 80.000 contaminations et 2.663 décès dans le monde, un défi majeur à l'échelle planétaire.