Désormais, les détenus de longue durée ne pourront avoir de contact par téléphone, par lettre ou en ligne qu'avec les personnes qu'ils connaissaient déjà avant d'entrer en prison. Cette limite devra être respectée pendant les dix premières années de leur incarcération. La loi, qui doit entrer en vigueur en janvier, vise à éviter aux prisons de se transformer en "centres de rencontres ou en tribunes médiatiques pour se vanter de leurs crimes", a précisé le ministre de la Justice danois.

"Des exemples détestables"

Le projet de loi a été annoncé peu de temps après qu'une jeune fille de 17 ans ait annoncé être tombée amoureuse de Peter Madsen, l'assassin de la journaliste Kim Wall, incarcéré dans une prison danoise. Le détenu aurait également commencé une relation avec une autre femme, avec qui il se serait marié en 2020, déclenchant un tollé dans le pays.

"Nous avons vu ces dernières années des exemples détestables de détenus ayant commis des crimes ignobles contacter des jeunes afin de gagner leur sympathie et leur attention", a expliqué le ministre de la justice, Nick Hækkerup. "Il faut évidemment y mettre un terme".

La mesure prévoit également que les détenus de longue durée ne puissent plus publier librement des informations relatives à leurs infractions sur les réseaux sociaux ou participer à des podcasts pour discuter de leurs crimes. Peter Madsen, condamné pour meurtre avec préméditation, agression sexuelle aggravée et profanation d'un cadavre n'avait en effet avoué le meurtre de la journaliste Kim Wall que dans un documentaire télévisé diffusé l'année dernière.

Au Danemark, la nouvelle loi ne fait pas l'unanimité. Certains experts des droits de l'homme s'y opposent. C'est le cas de Jens Elo Rytter, professeur à l'Université de Copenhague, pour qui une telle interdiction "interférait avec le droit des prisonniers à une vie privée". L'expert a également déclaré au journal danois BT que l'interdiction des déclarations publiques pourrait quant à elle "soulever des questions sur la censure".