Pinochet ne s'est pas présenté à l'hôpital militaire

SANTIAGO Au- gusto Pinochet ne s'est pas présenté à l'hôpital militaire de Santiago où il était attendu dimanche pour subir des examens médicaux.

Le juge Juan Guzman, qui a ordonné à Pinochet de se soumettre dimanche et lundi à des examens psychologiques, a attendu l'ancien dictateur durant 75 minutes avant de partir sans faire de déclaration à la presse.

Le général Pinochet est resté dans sa résidence de Bucalemu, à 130 km au sud-ouest de Santiago. Toute personne de plus de 70 ans traduite en justice au Chili doit subir des examens psychologiques pour déterminer si elle est apte à être jugée.

Le juge Juan Guzman a fait savoir qu'il comptait interroger le général Pinochet mardi, que ce dernier se soit soumis ou non aux examens psychologiques.

Mais Pinochet devrait également refuser de subir l'interrogatoire du juge Guzman, auquel cas ce dernier pourra ordonner son arrestation.

Le général Pinochet avait été arrêté et assigné à résidence le 1er décembre, mais la Cour suprême avait jugé son arrestation illégale car il n'avait pas subi d'interrogatoire avant d'être arrêté.

Le général Pinochet est notamment mis en cause pour son rôle dans la caravane de la mort, une unité militaire accusée d'avoir fait disparaître 77 opposants pendant les années de plomb de la dictature militaire des années 1973-90.

Ce nouveau rebondissement prévisible dans le dossier Pinochet prolonge le bras de fer entamé au Chili entre le pouvoir incarné par le président Ricardo Lagos et celui de l'armée.

Lagos a toujours répété qu'il refusait toute loi qui offrirait l'impunité à l'ancien dictateur chilien. L'armée, elle, avait demandé, la semaine dernière, que soit appliquée la loi d'amnistie, décidée en 1978 par la dictature de Pinochet afin d'en finir avec le défilé des militaires cités à comparaître devant les tribunaux pour violations des droits de l'homme.

Un débat qui est appelé à s'envenimer dans les prochains jours.