L'agence française de lutte contre le blanchiment a signalé à la justice une société de ventes en ligne gérée par le fils de l'homme d'affaires controversé Bernard Tapie qui a réfuté samedi toute "faute".

Une source judiciaire a confirmé à l'AFP que la société Blue Sugar avait fait l'objet il y a plusieurs mois d'un signalement de Tracfin, la cellule du ministère des Finances et de l'Economie qui traque les flux financiers suspects.

Le quotidien Le Parisien avait affirmé dans son édition de samedi que la justice française avait ouvert une enquête préliminaire. Le journal n'avait toutefois pas précisé le montant, la date ou la destination du mouvement de fonds concerné.

Dans un courrier transmis à l'AFP, Laurent Tapie dit n'avoir "aucun doute que cette enquête se terminera comme se sont terminées toutes les autres, à savoir sur aucune faute retenue contre notre groupe, mais simplement une nouvelle perte de temps".

Le signalement Tracfin concerne le site internet Blue Sugar qui, moyennant un abonnement mensuel de 24,90 euros propose des réductions à ses membres sur des achats de bien de consommation.

Laurent Tapie explique que la maison-mère de la société Blue Sugar, qui disposait "d'un excédent de trésorerie", "a comparé les propositions de placements des banques en Europe" et a retenu une offre au Luxembourg, un "mouvement de fonds totalement classique".

Selon Laurent Tapie, son père n'est qu'un "investisseur +dormant+" avec moins de 25% des parts de la société.

Homme d'affaires sulfureux, ancien ministre sous la présidence de François Mitterrand, ex-patron du club de football de l'Olympique de Marseille, acteur et désormais patron de presse, Bernard Tapie, 70 ans, est par ailleurs mis en cause dans l'enquête sur l'arbitrage controversé de son litige avec la banque du Crédit Lyonnais dans la vente de l'équipementier sportif Adidas, qui lui avait octroyé 403 millions d'euros en 2008.

Les juges d'instruction soupçonnent l'arbitrage d'avoir été truqué au profit de l'homme d'affaires. L'Etat français multiplie les attaques judiciaires pour tenter de récupérer 403 millions d'euros dans cette affaire qui n'a aucun avec lien avec celle de Blue Sugar.