"Ceci est l'euphorie de la victoire", a lancé Khalil al-Hayya, numéro deux du bureau politique du Hamas dans la bande de Gaza, lors d'un discours devant des manifestants en liesse, promettant en outre de "reconstruire" les maisons détruites par les frappes israéliennes.

A la faveur d'une médiation égyptienne, Israël et le Hamas ont approuvé jeudi soir un cessez-le-feu, entré en vigueur vendredi, pour mettre un terme à plus de dix jours d'affrontements ayant fait au moins 232 morts côté palestinien, dont 65 enfants et de nombreux combattants du Hamas et du Jihad islamique, et douze morts en Israël -dont un enfant de six ans, une adolescente de 16 ans et un soldat.

Les hostilités avaient débuté le 10 mai par des salves de roquettes du Hamas vers Israël en "solidarité" avec les centaines de Palestiniens blessés lors d'affrontements avec la police israélienne sur l'esplanade des Mosquées de Jérusalem, troisième lieu saint de l'islam.

Après ces premiers tirs de roquette, Israël a lancé une opération visant à "réduire" les capacités militaires du Hamas en multipliant les frappes aériennes contre ce micro-territoire de deux millions d'habitants sous blocus israélien depuis presque quinze ans.

De leurs côtés, le Hamas et le Jihad Islamique ont lancé plus de 4.300 roquettes vers Israël, des tirs d'une intensité inégalée contre l'Etat hébreu qui dispose d'un bouclier antimissile ayant permis d'intercepter 90% de ces projectiles.

Si l'armée israélienne a réduit les capacités militaires du Hamas, en tuant nombre de commandants oeuvrant dans ses branches techniques et de renseignement et en détruisant ses infrastructures, le mouvement armé, lui, a symboliquement réussi, selon des analystes, à replacer le conflit israélo-palestinien au coeur de l'actualité.


Le Hezbollah libanais salue une "victoire" des Palestiniens

Le mouvement libanais Hezbollah, bête noire d'Israël, a également salué vendredi une "victoire historique" des factions palestiniennes à Gaza. Allié de Téhéran, un autre ennemi juré d'Israël contre qui il a combattu à plusieurs reprises ces dernières décennies, le Hezbollah soutient traditionnellement le mouvement islamiste palestinien Hamas au pouvoir dans l'enclave palestinienne de Gaza.

"Le Hezbollah félicite le peuple palestinien héroïque et sa vaillante résistance pour la victoire historique remportée (...) contre l'ennemi sioniste", a indiqué dans un communiqué le mouvement chiite armé, poids lourd de la politique libanaise mais considéré comme un groupe "terroriste" par Israël et les Etats-Unis.

Le Hezbollah "salue en particulier les résistants, les martyrs, les blessés et leurs familles" tout comme "la direction des factions de la résistance palestinienne, qui étaient à la hauteur de cette bataille".