Guy Reffitt, 49 ans et membre du groupe d'extrême droite "Three Percenters", est le premier à être jugé pour son rôle dans l'attaque qui avait ébranlé pendant quelques heures la démocratie américaine.

Le procès, qui a débuté la semaine dernière, est scruté à la loupe car il servira de modèle pour ceux des nombreux autres manifestants inculpés par la justice fédérale.

"Guy Reffitt a allumé la mèche du tout premier groupe d'émeutiers qui sont entrés dans le Capitole", a affirmé lundi la procureure adjointe Risa Berkower dans son réquisitoire.

"Une foule a besoin de meneurs et l'accusé était un meneur ce jour-là", a-t-elle ajouté.

Guy Reffitt est notamment accusé de port d'arme prohibée, d'avoir perturbé le travail de la police et d'avoir fait obstacle à une procédure officielle, la certification par le Congrès de la victoire du démocrate Joe Biden à la présidentielle de novembre 2020.

Il encourt jusqu'à 20 ans de prison.

"L'élection n'a pas eu le résultat qu'il espérait, donc il a décidé d'agir", a dit Risa Berkower. "Il est venu (à Washington) dans un but, celui de renverser le Congrès".

Cet employé dans l'industrie pétrolière du Texas est également accusé d'avoir proféré des menaces contre ses deux enfants à son retour à Wylie, près de Dallas, s'ils le dénonçaient à la police.

Son fils âgé de 19 ans, Jackson, a transmis au FBI l'enregistrement d'une conversation dans lequel il affirmait que "les traîtres, on les tue".

L'accusation a montré aux 12 jurés de nombreuses vidéos montrant Guy Reffitt, au premier rang des manifestants pro-Trump, haranguer la foule sur les marches du Congrès.

Il portait un gilet pare-balles, un casque lourd, des serre-câbles pour servir de menottes et, selon l'accusation, une arme de poing à la ceinture.

Son avocat William Welch a pour sa part assuré que Guy Reffitt était seulement coupable d'être entré dans une zone interdite.

"Guy se vante beaucoup, il embellit, il fait des hyperboles", a-t-il expliqué. Mais son client n'a "jamais agressé quelqu'un" et n'est "jamais entré dans le Capitole". Il avait effectivement battu en retraite après avoir reçu du gaz irritant.

Plus de 750 personnes ont été arrêtées dans cette enquête d'une ampleur historique et qui se poursuit plus d'un an après les faits. Afin d'éviter un procès, plus de 200 accusés ont plaidé coupable et environ 70 d'entre eux ont déjà été condamnés par des tribunaux fédéraux. La peine la plus lourde a été de cinq ans de prison.