Le mandat Trump fut fait d’atermoiements, voire de surprenants moments de complicité avec Vladimir Poutine. Le mandat Biden débute sur un tout autre registre face à la Russie. "J’ai clairement dit au président Poutine, d’une façon très différente de mon prédécesseur, que le temps où les États-Unis se soumettaient face aux actes agressifs de la Russie […] était révolu", a lancé jeudi le président démocrate depuis le département d’État.

Le Kremlin a rapidement réagi vendredi. "C’est une rhétorique très agressive et pas constructive, nous le regrettons", a déclaré Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence. Il a cependant dit espérer qu’il reste "une base pour de la coopération, malgré l’énorme quantité de différends et de différences sur des sujets clés".

Soucieux de marquer le contraste, le nouveau locataire de la Maison-Blanche sait qu’il joue, sur ce terrain, sur du velours : l’attitude ambiguë de son prédécesseur vis-à-vis de l’homme fort du Kremlin avait hérissé toute la classe politique américaine, Républicains compris. Les États-Unis doivent "être au rendez-vous face à l’avancée de l’autoritarisme", a lancé M. Biden, évoquant "la volonté de la Russie d’affaiblir notre démocratie".

Citant l’interférence dans les élections américaines, les cyberattaques ou encore "l’empoisonnement de ses citoyens", en référence à l’opposant Alexeï Navalny, il n’a pas annoncé de mesures concrètes, mais multiplié les mises en garde. "Nous n’hésiterons pas à faire payer à la Russie un coût plus élevé et à défendre nos intérêts."