Ce vendredi 17 septembre, Sabina Nessa, une enseignante londonienne de 28 ans, a été assassinée alors qu'elle quittait son domicile pour se rendre dans un pub, situé à environ cinq minutes de marche de chez elle. La police de Londres a confirmé l'information ce jeudi, suscitant une véritable vague de colère dans la capitale anglaise.

"Le trajet de Sabina aurait dû durer un peu plus de cinq minutes, mais elle n'est jamais arrivée à destination", a déclaré l'inspecteur en chef Joe Garrity,. "Nous savons que la communauté est choquée à juste titre par ce meurtre - tout comme nous - et nous utilisons toutes les ressources à notre disposition pour trouver l'individu responsable", a poursuivi l'inspecteur, qui a indiqué que le corps de la jeune femme avait été retrouvé dans un parc non-loin du pub.

Si le meurtre de Sabina interpelle à ce point la communauté, c'est parce qu'il ne s'agit pas d'un cas isolé. Selon le maire de Londres Sadiq Khan, 118 femmes ont été assassinées au Royaume-Uni en l'espace d'une seule année, entre mars 2020 et mars 2021. Dans l'émission Good Morning Britain, le maire travailliste a qualifié de véritable "épidémie" la violence envers les femmes et les filles. "Chaque jeune fille et chaque femme devrait se sentir en sécurité dans notre ville et notre pays", a déclaré Sadiq Khan. "Ce n'est pas aux femmes de changer leur mode de vie, mais bien aux hommes d'évoluer", a-t-il ajouté, avant de préciser que la misogynie et le harcèlement devraient être considérés comme des crimes de haine.


Peu d'amélioration

L'assassinat de Sabina fait écho au meurtre de Sarah Everard, une jeune femme de 33 ans qui avait disparu le 3 mars dernier dans le sud de Londres alors qu'elle rentrait chez elle. Le principal suspect, le policier Wayne Couzens, avait finalement avoué avoir enlevé, violé et tué la jeune Londonienne.

Si ce féminicide avait fait grand bruit à l'époque, de nombreuses voix s'élèvent pour déplorer le peu de changement depuis lors. "Les médias se demandent aujourd'hui : la situation s'est-elle améliorée depuis le meurtre de Sarah Everard ? La réponse est NON", a déclaré sur Twitter Mandu Reid, leader du Parti pour l'égalité des femmes. La politicienne de gauche déplore également que toutes les victimes ne reçoivent pas la même attention dans les médias, notamment en raison de leur genre ou de leur couleur.