Selon une consolidation de cinq grandes bases de données internationales effectuée par l'Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence de l'ONU, l'année 2020 a rejoint 2016 sur la plus haute marche des années les plus chaudes dans le monde, en apothéose d'une décennie de températures record.

Ce réchauffement record a été atteint malgré le refroidissement provoqué en fin d'année par le phénomène océanique naturel qu'est La Niña. Alors que 2016, elle, avait été marquée par un fort épisode El Niño, phénomène océanique naturel qui entraîne une hausse des températures.

"Il est remarquable que les températures de 2020 aient été pratiquement équivalentes à celles de 2016, alors qu'au cours de cette dernière nous avions assisté à l'un des plus forts réchauffements imputables au phénomène El Niño", a souligné le Secrétaire général de l'OMM, Petteri Taalas. "Il est donc manifeste que le changement climatique induit par l'homme est à présent aussi puissant que la force de la nature", a-t-il assuré.

L'épisode La Niña qui a débuté fin 2020 devrait se poursuivre jusqu'au milieu de cette année. Ses effets sont généralement plus forts la deuxième année de leur apparition, et il reste donc à voir dans quelle mesure le refroidissement induit par La Niña pourrait temporairement freiner la tendance générale au réchauffement.

Selon l'OMM, les caractéristiques remarquables de l'année 2020 sont une chaleur persistante et des feux de forêt en Sibérie, la faible étendue de la banquise arctique et une saison record des ouragans dans l'Atlantique.

L'année 2020 a terminé à 1,25°C au dessus de la période pré-industrielle, "et nous assistons déjà à des phénomènes météorologiques extrêmes sans précédent dans toutes les régions et sur tous les continents", a relevé le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

Et d'alerter: "Nous nous acheminons vers une augmentation catastrophique de la température de 3 à 5 degrés au cours du XXIe siècle".

"Faire la paix avec la nature est la grande mission de notre siècle. Elle doit être la priorité absolue de chacun, partout dans le monde", a insisté le chef de l'ONU.

L'Accord de Paris vise à maintenir le réchauffement bien en dessous de +2°C, si possible +1,5°C. Selon l'OMM, il y a au moins une chance sur cinq que cette augmentation dépasse temporairement 1,5°C d'ici 2024.