S'il s'agit d'une récompense scientifique, le prix intervient en pleine phase d'alarme sur le rythme du changement climatique et à un mois de la COP26, sommet mondial pour le climat organisé à Glasgow.

Les experts en météorologie Syukuro Manabe, né au Japon il y a 90 ans mais vivant aux Etats-Unis, et Klaus Hasselmann, 89 ans, ont été primés pour une première moitié du prix "pour la modélisation physique du climat de la Terre et pour en avoir quantifié la variabilité et prédit de façon fiable le réchauffement climatique", selon le jury.

Le comité Nobel récompense les travaux fondateurs de Manabe sur l'effet de serre dans les années 1960, par lesquels il a montré que les niveaux de CO2 dans l'atmosphère correspondaient à la hausse des températures terrestres.

Basé à Hambourg, Hasselman est, lui, primé pour être parvenu à établir des modèles climatiques fiables malgré les grandes variations météorologiques.

Parisi a été récompensé séparément "pour la découverte de l'interaction du désordre et des fluctuations dans les systèmes physiques de l'échelle atomique à planétaire".

Ses travaux ardus ont été parmi "les contributions les plus importantes" à la théorie dite des systèmes complexes.

"Le prix de cette année récompense les nouvelles méthodes permettant de les décrire et de prévoir leur comportement à long terme", a souligné Académie suédoise des Sciences.

Festivités chamboulées 

L'an passé, le prix avait récompensé le Britannique Roger Penrose, l'Allemand Reinhard Genzel et l'Américaine Andrea Ghez, trois pionniers de la recherche sur les "trous noirs", des régions de l'Univers d'où rien ne peut s'échapper.

Des physiciens quantiques ainsi que Parisi faisaient office de favoris, selon les experts interrogés par l'AFP, même si des dizaines de chercheurs à travers le monde étaient considérés comme nobélisables en physique.

Conformément à l'ordre immuable d'attribution, la médecine avait lancé le bal des Nobel 2021 lundi en sacrant les Américains David Julius et Ardem Patapoutian, dont les travaux sur le toucher et les récepteurs sensoriels ont ouvert la voie pour combattre les douleurs chroniques.

La Hongroise Katalin Kariko et l'Américain Drew Weissman, pionniers des vaccins à ARN messager qui figuraient parmi les favoris en médecine, pourraient avoir une deuxième chance en chimie mercredi.

Pour les critiques interrogés par l'AFP, le prix de littérature annoncé jeudi par l'Académie suédoise pourrait aller à un non Occidental, pour la première fois depuis 2012.

Quant à la paix vendredi, le seul prix remis à Oslo est particulièrement ouvert cette année. Les experts évoquent notamment la liberté de la presse - avec Reporters sans frontières ou encore le Comité pour la protection des journalistes - ou l'opposante bélarusse Svetlana Tikhanovskaïa.

Crise sanitaire oblige, pour la deuxième année consécutive, les lauréats recevront leur prix dans leur pays de résidence, même si un petit espoir demeure pour accueillir celui pour la paix en Norvège.