Je suis "toujours en vie. Bien que certaines personnes veuillent ma mort", a lancé le pape lors d'une rencontre informelle le 12 septembre avec une cinquantaine de jésuites slovaques à l'occasion de sa visite dans ce petit pays d'Europe centrale. Ses propos ont été publiés mardi par la très sérieuse revue jésuite La Civiltà Cattolica.

Le pape âgé de 84 ans, lui-même jésuite, a subi début juillet à Rome une ablation partielle du côlon sous anesthésie générale, alors qu'il souffrait d'une inflammation potentiellement douloureuse des diverticules, hernies ou poches qui se forment sur les parois de l'appareil digestif.

"Je sais qu'il y a même eu des réunions entre prélats qui pensaient que l'état du pape était plus grave que ce qui était dit. Ils préparaient le conclave. Patience!" a ironisé devant son auditoire le pape argentin, qui est resté hospitalisé dix jours. "Dieu merci, je vais bien".

Il en a profité pour adresser quelques coups de griffe à ses ennemis au sein de l'Eglise, notamment dans le camp des conservateurs.

"Il y a aussi des ecclésiastiques qui font de mauvais commentaires à mon sujet. Je perds parfois patience, surtout lorsqu'ils portent des jugements sans entrer dans un véritable dialogue. Là, je ne peux rien faire. Cependant, je continue (mon chemin) sans entrer dans leur monde d'idées et de fantasmes. Je ne veux pas y entrer", a-t-il affirmé.

François a été élu en 2013 après la démission surprise de son prédécesseur Benoît XVI, premier pape à renoncer au trône de saint Pierre depuis le Moyen-Âge.

Début septembre, François avait balayé en riant les rumeurs courant sur sa propre démission. "Cela ne m'a même pas traversé l'esprit", avait assuré le pape dans un long entretien diffusé par la radio catholique espagnole Cope.

"Dès que le pape est hospitalisé, il souffle toujours une brise ou un ouragan de conclave", avait-il en outre plaisanté.