Marine Le Pen: "Ne choisissez pas entre quelqu'un qui veut vous voler vos droits et quelqu'un qui veut vous voler vos biens"

Alors qu'étaient présentées les premières estimations concernant le premier tour de ces élections législatives françaises, Marine Le Pen a pris la parole depuis son QG pour commenter les résultats de son parti le Rassemblement national. "Je tiens à exprimer ma plus sincère gratitude à tous ceux qui ont fait confiance dès le premier tour au Rassemblement national", a débuté celle qui est candidate à Hénin-Beaumont. "(...) Notre résultat en progression de près de sept points par rapport à 2017 est obtenu malgré une abstention considérable."

Marine Le Pen a ainsi regretté qu'un nombre record de Français ne se soient pas rendus aux urnes estimant qu'il s'agissait d'un inquiétant signal à prendre au sérieux. "Revivifier la démocratie pour que tout le monde se sente représenté sera une priorité du Rassemblement national", a-t-elle poursuivi.

La candidate RN, qui a échoué à décrocher la présidence de la République en avril, a appelé les Français à "ne pas laisser Emmanuel Macron faire ce qu'il veut quand il veut, sans vous mais contre vous". "Dans les circonscriptions qui ne comptent plus de député RN et qui doivent choisir entre la Nupes et LREM, j'invite les électeurs à ne pas choisir entre les destructeurs d'en-haut et les destructeurs d'en-bas, entre quelqu'un qui veut vous voler vos droits et quelqu'un qui veut vous voler vos biens. Cette victoire du Rassemblement National est à portée de main et à portée de votes."

Jordan Bardella (RN) "J'appelle les électeurs au sursaut pour le second tour"

Le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, a appelé dimanche "les électeurs au sursaut" pour le second tour des élections législatives, ajoutant qu'il n'y a "pas de fatalité" à l'alternative entre majorité présidentielle et union de la gauche.

Il a indiqué sur TF1 qu'il voterait "blanc" dans le scénario d'un second tour entre un candidat du parti présidentiel et de l'union de la gauche (Nupes), estimant que ses électeurs "feront pareil".

Jean-Luc Mélenchon: "Le parti présidentiel est défait"

"Le parti présidentiel est défait", a déclaré dimanche Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France Insoumise et de l'union de la gauche (Nupes), en appelant ses troupes à "déferler" au second tour des élections législatives.

"La Nupes arrive en tête, elle sera présente dans plus de 500 circonscriptions au second tour", et "pour la première fois de la Ve République un président nouvellement élu ne parvient pas à réunir une majorité à l'élection législative qui suit", a-t-il ajouté au côté d'autres leaders de l'union de la gauche réunis à Paris.

Elisabeth Borne: "Ensemble!, seule force politique en mesure d'obtenir la majorité"

La première ministre Elisabeth Borne a estimé dimanche qu'Ensemble!, arrivé selon les sondages au coude-à-coude avec l'union de la gauche au premier tour des législatives, était la "seule force politique en mesure d'obtenir la majorité" à l'Assemblée dimanche prochain au second tour.

Alors que l'abstention atteint un niveau record, "notre premier devoir collectif, c'est de faire reculer l'abstention", a-t-elle dit depuis le siège de campagne d'Ensemble!.

La réaction de Borne "sent un peu la panique", juge Faure (PS)

Les réactions de la Première ministre Elisabeth Borne à l'issue du premier tour des élections législatives "sentent un peu la panique", a estimé dimanche le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure.

Quelques minutes auparavant, la cheffe du gouvernement avait appelé les "forces républicaines à se rassembler" autour du projet et des candidats de la majorité, seuls à porter "un projet de cohérence face aux extrêmes".

"J'ai trouvé son intervention assez scandaleuse, quand elle cherche maintenant à expliquer qu'il y aurait deux extrêmes contre lesquelles il faudrait se battre (...) franchement ça sent beaucoup la panique", a réagi Olivier Faure sur France 2.

Le numéro un du PS, membre de l'alliance de gauche Nupes, a rappelé avoir glissé un bulletin de vote en faveur du chef de l'Etat sortant Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle pour contrer l'extrême droite.

Selon les premières projections, la gauche unie (LFI, PS, EELV, PCF) et le camp Macron sont au coude-à-coude au premier tour des législatives (25% à 25,9%), le président réélu n'étant pas assuré de conserver la majorité absolue à l'Assemblée nationale, sur fond d'abstention record.

Interrogé sur les différences de position au sein de la Nupes, Olivier Faure a dénoncé les "fake news" du camp de la majorité, qui dit "des choses qui n'ont aucun lien avec la réalité".

"La réalité c'est qu'on a une équipe plurielle, soudée, qui est prête à gouverner et qui n'est pas une équipe des extrêmes", a-t-il ajouté.