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Dans l'émission "Zone interdite" de la chaîne M6, le premier policier à être entré dans le Bataclan au soir du vendredi 13 novembre fournit un témoignage poignant.

C'est ce commissaire de la Brigade Anti Criminalité (BAC), avec l'aide de son coéquipier, qui a abattu l'un des trois terroristes du Bataclan, lorsque ce dernier pointait son arme sur un otage.

"Ce qui nous frappe surtout c'est le silence. Alors que quelques instants auparavant, il y avait des hurlements, des coups de feu, une grande agitation. Là, on ouvre la porte. Il n'y a plus rien, plus un bruit, c'est presque surréaliste", raconte le policier, qui évoque des "centaines de corps allongés partout" au moment où il entre dans la salle, aux environs de 22 heures.

"C'est évidemment une vision d'horreur indescriptible et là je me dis: 'c'est un massacre'. Je me demandais comment ils avaient fait pour tuer autant de gens en aussi peu de temps".

Le policier continue son récit en expliquant comment, avec son coéquipier, il a réussi à neutraliser l'un des terroristes qui se trouvait sur la scène du Bataclan, tenant en joue un otage "digne", "calme", "résigné et pratiquement sûr de son sort".

"On fait feu immédiatement en ayant la certitude de le toucher à cette distance puisqu'on a l'habitude de s'entraîner. Mais aussi avec la certitude que si on le loupait, on était mort, compte tenu de sa puissance de feu", ajoute le policier. "J'ai appris que [l'otage] a profité de notre tir pour s'enfuir par la sortie de secours".

Le bilan de l'attaque et de la prise d'otage survenues dans la salle du Bataclan s'élève à 89 morts.

"On aurait voulu en sauver encore plus", conclut le commissaire, "fier et révolté". L'homme est évidemment encore très affecté par ce qu'il a vécu dans la salle de spectacle parisienne ce soir-là. 

"Notre vie est définitivement modifiée. Il y aura un avant et un après 13 novembre", explique le policier. Quelques heures après que les deux policiers soient sortis de la salle, les deux autres terroristes se sont fait exploser.