Le président Macron a-t-il été espionné par une puissance étrangère ? La question se pose après la révélation mardi que le chef de l’État français et des membres du gouvernement figurent sur la liste des cibles potentielles du logiciel Pegasus, utilisé par certains États pour espionner des personnalités.

Le Monde et Radio France, qui font partie du consortium de 17 médias ayant eu accès à cette liste obtenue par le réseau de journalistes Forbidden Stories et l’ONG Amnesty International, ont révélé mardi que ces numéros, dont celui de l’ancien Premier ministre Edouard Philippe et de 14 membres du gouvernement, figurent "dans la liste des numéros sélectionnés par un service de sécurité de l’État marocain, utilisateur du logiciel espion Pegasus, pour un potentiel piratage".

"On a trouvé ces numéros de téléphone, mais on n’a pas pu faire d’enquête technique évidemment sur le téléphone d’Emmanuel Macron", pour vérifier s’il a été infecté par ce logiciel, et donc "cela ne nous dit pas si le président a été réellement espionné", a expliqué le directeur de Forbidden Stories Laurent Richard sur la chaîne d’info LCI.

L’enquête ne fait que commencer

"Si les faits sont avérés, ils sont évidemment très graves. Toute la lumière sera faite sur ces révélations de presse", a réagi la présidence, interrogée par l’AFP pour savoir si le chef de l’État avait été "potentiellement espionné" via Pegasus.

Un roi et trois présidents

Selon Radio France et Le Monde, outre Edouard Philippe et son épouse, des ministres de premier plan, à l’époque où leurs numéros ont été sélectionnés, figurent sur cette liste, dont Jean-Yves Le Drian, Christophe Castaner, Gérald Darmanin, Bruno Le Maire ou François de Rugy.

Mais aussi des parlementaires et responsables politiques comme François Bayrou, du MoDem.

Le président français n’est pas le seul chef d’État dont le téléphone a peut-être été espionné via Pegasus.

Selon Radio France, le roi du Maroc Mohammed VI et son entourage "sont sur la liste des cibles potentielles", et d’après le Washington Post, autre membre du consortium de médias enquêtant sur cette affaire, elle contient des numéros de deux autres présidents, l’Irakien Barham Saleh et le Sud-Africain Cyril Ramaphosa.

Le Washington Post avance également les noms de trois Premiers ministres en exercice, ceux du Pakistan, Imran Khan, de l’Égypte, Mostafa Madbouli, et du Maroc, Saad-Eddine El Othmani, et d’un total de sept Premiers ministres au moment où ils ont été sélectionnés sur la liste, dont le Libanais Saad Hariri, l’Ougandais Ruhakana Rugunda, et le Belge Charles Michel.

Avant même que ces nouvelles informations n’aient été dévoilées, la justice française a ouvert une enquête mardi pour examiner la plainte de journalistes qui auraient également été ciblés par le Maroc à l’aide de Pegasus, selon le consortium.