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Le fils cadet du Roi offre des missiles aux partis – flamands surtout – qui réclament la réforme du système de la dotation

BRUXELLES Le prince Laurent n’oubliera pas de sitôt sa semaine en République démocratique du Congo (RDC). Non pour la beauté des paysages ou pour la promesse de lendemains qui chantent pour la cause environnementale congolaise, mais bien pour la dure réalité belge.

Depuis 48 heures, le voyage d’études du Prince et de sa suite (4 personnes) est commenté, disséqué et utilisé, surtout au nord du pays, pour remettre une fois encore en cause la dotation princière.

Rencontre avec Kabila. Ce jeudi matin, le côté 100 % scientifique de sa mission en prenait pour son grade après l’annonce de sa rencontre avec le président Kabila. “25 minutes montre en main, explique un des témoins congolais. Pas un mot de politique et aucune communication. Si certains, en Belgique, ne lâchent pas le morceau… À qui profite le crime ?” “Il était normal que le président soit au courant de cette visite, même si elle demeurait privée , explique le ministre congolais du Plan, Olivier Kamitatu. Imaginez qu’il arrive n’importe quel accident pendant cette mission. Et puis, c’est le niveau le plus élémentaire de courtoisie.”

Ensuite, c’est Yves Leterme, Premier ministre CD&V démissionnaire, qui est revenu sur ce déplacement finalement pas très discret. Le Premier ministre n’a pu que confirmer ce voyage, les rencontres avec le président et des responsables politiques locaux.

Rien d’illégal dans tout cela, mais le Premier ministre a martelé que la fonction de Prince entraîne des obligations d’autant plus que celui-ci bénéficie d’une dotation.

Conclusion : le Prince a manqué de la plus élémentaire prudence et n’a pas tenu compte des avertissements qui lui étaient adressés, tout en soulignant que cette attitude ne devait rien avoir avec les relations de la Belgique avec le Congo. Sauf que lorsqu’il s’agit du Congo, tout devient toujours beaucoup plus complexe, comme le démontre l’épais brouillard qui ne semble gêner personne sur les deux jours passés par le fils du Roi en Angola.

Le régime d’Edouardo Dos Santos est-il à ce point plus fréquentable que celui de Kabila ?

Évidemment, cette accumulation de gaffes ou d’imprudences remettent une fois de plus sur la table la question des dotations princières. Le Premier ministre s’est dit favorable à une réforme de ce système. Même son de cloche du côté de la NV-A qui a même rappelé qu’elle avait même proposé d’envisager la fin de ces dotations.



© La Dernière Heure 2011