Quatorze accusés, dont trois seront jugés par défaut, sont poursuivis dans ce dossier, soupçonnés à des degrés divers de soutien logistique aux frères Saïd et Chérif Kouachi et à Amédy Coulibaly, auteurs des attaques, point de départ d'une vague d'attentats sans précédent dans le pays.

Ce procès historique, qui se tient sous très haute surveillance, doit s'achever le 10 novembre.

Dans la salle d'audience, où sont arrivés peu avant 10H00 plusieurs rescapés des attentats et des membres ou anciens membres de Charlie Hebdo, dont l'urgentiste Patrick Pelloux et le journaliste Laurent Léger, les accusés ont pris place dans deux box vitrés, encadrés par des policiers tous encagoulés.

"N'ayons pas peur, ni du terrorisme, ni de la liberté", a exhorté l'avocat de Charlie Hebdo, Me Richard Malka, à l'entrée de la salle. "Au fond, l'esprit de Charlie, c'est ça: c'est refuser de renoncer à nos libertés, de renoncer aux rires, de renoncer y compris au blasphème".

Pour marquer l'ouverture du procès, l'hebdomadaire satirique a republié les caricatures de Mahomet qui en avaient fait une cible des djihadistes.

"C'est un choix courageux, un choix digne (...) une affirmation très forte de leur liberté d'expression, de leur refus de l'intimidation", a salué Christophe Deloire, président de Reporters sans frontières (RSF) auprès de l'AFP.

Quatorze personnes soupçonnées à des degrés divers de soutien logistique aux frères Saïd et Chérif Kouachi et à Amédy Coulibaly, auteurs des tueries qui ont fait 17 morts, entre le 7 et le 9 janvier 2015, sont poursuivies dans ce procès hors norme.

Parmi elles, trois manquent à l'appel et sont jugées par défaut: Hayat Boumeddiene, compagne de Coulibaly et figure du djihadisme féminin, et les frères Belhoucine, tous trois partis quelques jours avant les attaques pour la zone irako-syrienne.

La mort des frères Belhoucine, évoquée par diverses sources, n'a jamais été officiellement confirmée. Hayat Boumeddiene, un temps donnée morte, est pour sa part soupçonnée d'être en cavale en Syrie.

"Ceux qui sont là ne sont pas des lampistes. Il n'y a pas de lampistes", a néanmoins estimé l'avocat des victimes d'Amedy Coulibaly, Me Patrick Klugman, disant vouloir rendre hommage à la "mémoire" des personnes tuées lors de la prise d'otage de l'Hyper Cacher de Vincennes, le 9 janvier.

"Je voudrais qu'on parle d'un mot, d'un mot qui a disparu de cette procédure, c'est 'antisémitisme' (...) On savait que ce jour-là, on toucherait des juifs au moment le plus sacré, le plus familial de la semaine", a-t-il insisté.