Quatorze accusés, soupçonnés à des degrés divers de soutien logistique aux frères Saïd et Chérif Kouachi et à Amédy Coulibaly, auteurs des attaques qui ont terrorisé la France pendant trois jours, sont jugés jusqu’au 10 novembre devant une cour d’assises spéciale.

Ce procès d’ampleur, le premier pour un attentat djihadiste commis en France depuis celui de 2017 pour les tueries perpétrées par Mohamed Merah, sera intégralement filmé en raison de son "intérêt pour la constitution d’archives historiques", selon la justice.

Initialement prévu avant l’été, le procès avait été reporté en raison de la crise sanitaire et se tiendra sous haute surveillance au tribunal judiciaire de Paris.

Le 7 janvier 2015, les frères Kouachi, qui gravitaient depuis plusieurs années dans la sphère djihadiste, ont attaqué la rédaction de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo à Paris, assassinant 12 personnes dont les dessinateurs historiques Cabu et Wolinski, avant de prendre la fuite.

Le lendemain, Amédy Coulibaly, délinquant radicalisé en prison, tuait une policière municipale à Montrouge, près de Paris, puis, le 9 janvier, exécutait quatre hommes, tous juifs, lors de la prise d’otages du magasin Hyper Cacher, dans l’Est parisien.

Il est mort sur place dans un assaut policier, les frères Kouachi ayant, eux, été abattus peu avant dans une imprimerie où ils s’étaient retranchés, à Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne).

Pendant deux mois et demi, la cour d’assises doit entendre 144 témoins et 14 experts pour déterminer le rôle des accusés et ce qu’ils savaient des attaques de janvier 2015, qui ont provoqué une manifestation monstre à Paris et un émoi durable dans le monde.