Le Sénat américain a confirmé lundi soir par 52 voix pour et 48 contre la juge Amy Coney Barrett à la Cour suprême, une victoire pour Donald Trump, qui joue sa réelection le 3 novembre prochain. Ce succès indéniable du président républicain est perçu comme propre à galvaniser les électeurs de la droite religieuse lors du scrutin imminent. Amy Coney Barrett est une fervente catholique opposée à l'avortement qui accède désormais au sein du temple du droit américain. La Cour suprême, arbitre des grands sujets de société aux Etats-Unis, comptera ainsi dès mardi six juges conservateurs sur neuf, dont trois nommés par le président Donald Trump. Ces juges sont nommés à vie et la magistrate, âgée de 48 ans, peut espérer siéger pendant de longues années.

Malgré l'opposition des démocrates face à un processus jugé "illégitime" si près du scrutin présidentiel, les élus républicains, majoritaires à la Chambre haute, ont tous, à une seule exception, voté pour la candidate choisie par le président.

Mme Barrett prendra le siège laissé vacant par le décès de l'icône progressiste et féministe Ruth Bader Ginsburg le 18 septembre.


Prenant la parole une dernière fois avant le vote, le sénateur républicain Lindsey Graham a salué un jour "historique" et loué une "universitaire impressionnante". Amy Coney Barrett est "brillante, qualifiée", applique le Droit et ne se mêle pas de politique, a renchéri le chef de la majorité républicaine Mitch McConnell, qui a imposé un calendrier extrêmement serré au processus de confirmation.

Son homologue démocrate Chuck Schumer a dénoncé leur "hypocrisie". Pour lui, la juge Barrett n'a pas été choisie pour ses qualifications mais parce qu'elle "a des opinions de droite radicale", notamment sur l'avortement, les droits civiques ou l'environnement. Avec emphase, il a fait part de sa "tristesse" face à ce qui est pour lui "l'un des jours les sombres de l'histoire américaine".

Faute de leviers pour faire barrage à cette nomination, les démocrates ont tenté de transformer les débats, retransmis en partie sur les chaînes de télévision, en une tribune sur l'avenir de l'assurance santé Obamacare, que Donald Trump veut abroger.

La haute cour doit en effet examiner le 10 novembre un recours contre cette loi emblématique de l'ex-président démocrate, sur laquelle la juge a exprimé des réserves dans le passé.