Un nouveau jour férié insolite a vu le jour au Turkménistan. Celui-ci honore la race de chien de berger locale, véritable emblème nationale connue sous le nom d'alabaï. Une autre fierté du pays était également célébrée ce jour-là : la journée du cheval Akhal-Teke.

Dimanche, le président Gourbangouly Berdymoukhamedov s'est adressé à la population lors d'un événement organisé pour l'occasion. "Je vous félicite pour la fête nationale - la Journée du cheval turkmène et la Journée turkmène de l'alabaï !" a-t-il déclaré, selon l'agence de presse d'Etat Turkmenistan Today. "Je vous souhaite beaucoup de succès dans le développement de l’art de l’élevage des chevaux et des chiens!".

L'alabaï, un chien d'aspect massif, accompagne depuis plus de 4000 ans les éleveurs et bergers sur les terres du Turkménistan. En 2017, le président turkmène avait offert un alabaï à Vladimir Poutine, à l'occasion de ses 65 ans. Il avait également publié un livre dans lequel il affirmait que les premiers turkmènes "voyaient dans le cheval leur rêve, et dans l'alabaï leur bonheur".

© BELGA/AFP

Une population pauvre et un pays très fermé

Si le nouveau jour férié pris par ce pays de la démesure peut faire sourire, le culte de l'alabaï sert surtout la propagande nationale. En effet, le pays essaye de démontrer l'existence séculaire d'une nation turkmène, alors que la région a été pendant plusieurs centaines d'années une zone sans frontières établies où circulaient plusieurs tribus nomades.

Vue du palais présidentiel (Oguzhan) à Ashgabat, la capitale du Turkménistan. © Shutterstock

En novembre 2020, une imposante statue en or représentant le célèbre canidé avait été érigée dans la capitale du pays. Malgré l'aspect clinquant de la capitale et les millions régulièrement dépensés dans son architecture, la population du Turkménistan est confrontée à l'hyperinflation et aux pénuries alimentaires de façon régulière. 

Selon un rapport publié en 2019 par le Foreign Policy Center, l'économie du pays serait en effet en proie à sa pire crise économique et "au bord de l'effondrement". Le Turkménistan est également régulièrement pointé du doigt par Human Rights Watch, qui déplore des violations des droits de l'hommes à répétition, l'usage de travail forcé ainsi que la disparition de militants politiques.