EUROPE

Une mutation inquiétante aux Pays-Bas

Le variant britannique du coronavirus a commencé à muter à nouveau. Ce changement "inquiétant" a été constaté aux Pays-Bas. Une personne a été testée dans la province d'Utrecht, indique mardi l'Institut royal de santé publique (RIVM). La mutation pourrait rendre les vaccins existants moins efficaces contre le virus. Les défenses immunitaires des patients peuvent également s'avérer moins efficaces contre la nouvelle variante. Le même constat a été observé auparavant avec les variants sud-africain et brésilien.

En Grande-Bretagne, la mutation a été diagnostiquée chez au moins 23 personnes. La mutation a reçu le nom scientifique d'E484K. Le changement se situe dans les saillies du virus. Grâce à la mutation, ces "pointes" peuvent mieux se fixer à une cellule corporelle. Le virus pénètre ainsi encore mieux dans le corps.

A noter qu'un nombre plus réduit de personnes se sont fait tester au coronavirus aux Pays-Bas la semaine dernière, peut-être en raison des conditions météorologiques hivernales. Mais le pourcentage de tests positifs augmente, de sorte que le nombre de nouveaux cas reste plus ou moins le même que la semaine précédente. Au cours des sept derniers jours, 25.229 tests positifs ont été enregistrés, contre 24.668 la semaine précédente. De plus en plus de gens attrapent le variant britannique.

Le nombre de tests effectués a légèrement diminué, passant d'un peu plus de 195.000 à un peu plus de 190.000. La semaine dernière, 11,5% de tous les tests étaient positifs. Une semaine plus tôt, le coronavirus avait été diagnostiqué chez 10,7% de toutes les personnes testées.

La vitesse à laquelle le coronavirus se propage augmente. Le taux de reproduction est passé de 0,91 à 0,96.

Le nombre de décès a augmenté. Au cours de la semaine dernière, les décès de 423 patients corona ont été enregistrés. La semaine précédente, on avait dénombré 408 décès.

L'Allemagne prolonge ses contrôles aux frontières jusqu'à début mars

L'Allemagne va prolonger jusqu'à début mars ses contrôles aux frontières avec le Tyrol autrichien et la République tchèque destinés à contrer la diffusion des variants au coronavirus, a annoncé mardi le gouvernement. Le ministère de la Santé a prolongé de 14 jours ce dispositif entré en vigueur dimanche et qui suscite des critiques en Europe comme en Allemagne, selon un porte-parole du ministère.

Ces contrôles renforcés et restrictions drastiques de circulation concernent aussi l'Afrique du Sud, la Grande-Bretagne et le Brésil, dont sont issus des variants particulièrement contagieux du Covid-19.

La Confédération des associations patronales allemandes (BDA) a critiqué ces contrôles aux frontières qui affectent, selon elle, les activités économiques et les chaînes d'approvisionnement.

La libre circulation des travailleurs ainsi que la fluidité des voies de transport, des voyages d'affaires et de la prestation de services transfrontaliers sont indispensables au marché unique européen, a-t-il fait valoir dans un communiqué

Les chaînes de livraison ne sont toutefois pas perturbées à ce stade.

Réouverture graduelle des écoles en Ecosse à partir de lundi

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a annoncé mardi la réouverture graduelle des écoles, fermées en raison de la pandémie de nouveau coronavirus, à partir de lundi, à quelques jours de l'annonce du plan de déconfinement en Angleterre. "Je confirme que le retour progressif et graduel à l'école (...) se déroulera comme prévu à partir de lundi", a déclaré Nicola Sturgeon devant les députés écossais.

Les écoliers des plus petites classes de primaire ainsi que certains élèves du secondaire pourront reprendre, avant d'être suivis par d'autres élèves à partir de mi-mars.

L'Europe veut étudier les mutations

La Commission européenne va lancer mercredi un programme ayant vocation à étudier les mutations du Covid-19, dévoile la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans une interview au quotidien économique français Les Echos à paraître mardi. Baptisé "Hera incubator", le nouveau programme "réunira les laboratoires, les autorités sanitaires, les scientifiques, et la Commission européenne, avec d'importants fonds dédiés", affirme-t-elle, sans spécifier les montants.

"Dès à présent, et parallèlement aux efforts sur les vaccins actuels, il faut aider les industriels à développer des capacités de production" des vaccins "de deuxième génération", détaille encore la dirigeante dans cette interview, expliquant que "ces mutations nous inquiètent beaucoup".

Bruxelles avait déjà annoncé son intention de lancer une nouvelle agence européenne, la Health Emergency Response Authority (HERA), afin de lutter contre les futures pandémies et de mieux se coordonner entre les Vingt-Sept.

La Hongrie reçoit ses premiers vaccins de Chine, exception en UE

Les 550.000 premières doses du vaccin chinois Sinopharm contre le Covid-19 sont arrivées mardi en Hongrie, seul pays de l'Union européenne à l'avoir approuvé, a annoncé le gouvernement de Viktor Orban qui se démarque aussi par l'utilisation de Spoutnik V. L'avion de l'Etat hongrois, parti la veille pour Pékin, a atterri à l'aéroport de Budapest à la mi-journée, avec à son bord des lots qui permettront de vacciner 275.000 personnes.

Dix pays Schengen ont introduit des contrôles aux frontières pour raison sanitaire

Outre la Belgique, neuf États membres de l'espace Schengen ou associés ont réintroduit ces dernières semaines des contrôles aux frontières dans le cadre de la crise sanitaire, ce qui préoccupe la Commission européenne.

Il s'agit de l'Allemagne, de l'Espagne, de la Tchéquie, du Danemark, de la Hongrie, de l'Autriche, du Portugal, de la Finlande, auquel s'ajoute la Norvège qui n'est pas membre de l'UE mais associée à l'espace Schengen de libre circulation intérieure. Les modalités et exceptions à ces interdictions sont variables.

Depuis le 27 janvier dernier et jusqu'au 1er avril prochain, les voyages récréatifs et/ou touristiques à destination et en provenance de la Belgique sont interdits. Cette mesure va au-delà des recommandations que les États membres de l'UE se sont eux-mêmes fixées sur base de propositions de la Commission, qui ne préconisent que de décourager fortement les voyages non-essentiels vers les zones à risque.

La Commission fait pression sur la Belgique et les autres pays concernés pour qu'ils se conforment aux recommandations. Les États membres ont certes la possibilité juridique de limiter la libre circulation des personnes pour raisons sanitaires. Mais concernant la Belgique, l'exécutif européen pointe du doigt un manque de proportionnalité dans l'interdiction, en ce qu'elle s'applique de manière indiscriminée quelle que soit la destination, alors qu'il existe certaines zones vertes sur la carte de l'ECDC, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies.

On peut toutefois aussi voir cette interdiction comme une manière de ne pas diffuser la maladie vers des pays moins contaminés, faisait observer mardi un fonctionnaire européen.

Des discussions se poursuivront la semaine prochaine avec les autorités belges, "et nous avons cru comprendre que ces dernières allaient revoir les mesures sur les voyages". Le maintien de l'interdiction de déplacement non-essentiels ainsi que d'autres mesures sera réévalué lors du comité de concertation du 26 février prochain.

ASIE

Le Kazakhstan, 1er pays à autoriser le vaccin Spoutnik V produit localement

Le Kazakhstan est le premier pays à avoir homologué une production nationale du vaccin anti-Covid-19 russe Spoutnik-V, a annoncé mardi la société le produisant, un type de partenariat que Moscou veut multiplier à travers le monde. La société Complexe pharmaceutique de Karaganda "s'est vu délivrer le certificat" pour la production du vaccin Spoutnik V le 15 février par le ministère de la Santé kazakh, a-t-elle indiqué dans un communiqué publié sur Telegram.

Cette ex-république soviétique d'Asie centrale deviendra ainsi le premier pays à déployer un vaccin Spoutnik V produit localement, a indiqué à l'AFP un porte-parole du Fonds souverain russe (RDIF), qui a participé à la mise au point du vaccin.

Le Complexe pharmaceutique de Karaganda doit livrer les 90.000 premières doses de Spoutnik V pour le Kazakhstan, un pays de 19 millions d'habitants, vers fin février. L'ex-république soviétique a déjà autorisé et importé des doses du vaccin russe produites en Russie.

Les autorités russes ont indiqué que leur but était de passer des accords de production à travers le monde, plutôt que d'exporter des vaccins, faute de capacités suffisantes pour satisfaire la demande nationale, prioritaire, et internationale.

Selon le RDIF, le Brésil, l'Inde et la Corée du Sud pourraient suivre le Kazakhstan.

Début février, une étude publiée par la revue médicale The Lancet, validée par des experts indépendants, a cependant établi l'efficacité du vaccin russe à 91,6% contre les formes symptomatiques du Covid-19.

Les autorités kazakhes comptent par ailleurs lancer en mars une campagne de vaccination avec un vaccin kazakh, le QazCovid-in avec pour objectif de vacciner six millions d'habitants d'ici la fin de l'année.

Le Kazakhstan a officiellement enregistré à ce jour 203.259 cas de coronavirus, dont 2.540 décès.

OCEANIE

Le vaccin AstraZeneca approuvé en Australie

L'Australie a approuvé le vaccin AstraZeneca contre le coronavirus, second vaccin dont l'usage est désormais approuvé dans le pays. L'agence en charge de l'approbation des produits pharmaceutiques a approuvé de manière provisoire le vaccin après qu'il ait prouvé respecter les standards stricts de sécurité, qualité et efficacité, selon l'organe communiquant mardi.

Le vaccin a été approuvé pour les adultes de plus de 18 ans, et l'agence a indiqué que l'usage pour les plus de 65 ans devait être réalisé au cas par cas.

Le Premier ministre australien Scott Morrison a enjoint tous les Australiens à se tourner vers les avis médicaux alors que des sondages d'opinion indiquent que près de 20% de ces derniers sont sceptiques quant à la vaccination.

Les premières doses du vaccin déjà approuvé, Pfizer/BioNtech, seront administrées à partir de lundi alors qu'un chargement de 142.000 doses est désormais arrivé dans l'île-contient.

Le programme de vaccination va débuter avec le personnel détaché à la gestion des quarantaines et au contrôle des frontières, pour le personnel de soin de première ligne et les personnes en maison de soins ou de retraite.

L'Australie, nation de 25 millions de personnes, a enregistré environ 28.700 cas de coronavirus depuis le début de la pandémie, soit un taux d'infection bien inférieur à ceux observés dans les autres nations développées. Moins de 1000 décès attribués au nouveau coronavirus y sont à déplorer.

AFRIQUE

L'Afrique du Sud propose ses vaccins AstraZeneca à l'Union africaine

L'Afrique du Sud, qui a reporté sa campagne d'immunisation contre le Covid-19 prévue initialement avec des vaccins d'AstraZeneca dont l'efficacité a été mise en doute contre le variant local du virus, va proposer le million de doses en sa possession à l'Union africaine. "Les doses que nous avons achetées ont été offertes à l'Union africaine pour être distribuées aux pays qui ont déjà exprimé un intérêt pour l'acquisition du stock", a déclaré mardi au Parlement le ministre de la Santé, Zweli Mkhize.

"Il n'y aura pas d'argent gâché", a-t-il assuré.

L'Afrique du Sud devait commencer à immuniser sa population de 59 millions la semaine dernière, avec un million de doses du vaccin britannique AstraZeneca/Oxford manufacturés par le Serum Institute of India (SII).

Ce premier lot avait été réceptionné début février en grande pompe, en présence du président Cyril Ramaphosa sur le tarmac.

Une livraison supplémentaire de 500.000 doses était prévue. Les prochains engagements avec AstraZeneca seront guidés par "une approche dirigée par la science", a seulement expliqué le ministre.

Une étude de l'université du Witwatersrand à Johannesburg révélant une efficacité "limitée" du vaccin britannique contre le nouveau variant sud-africain baptisé 501Y.V2, avait contraint le gouvernement à suspendre sa campagne de vaccination.

Les experts de l'OMS ont toutefois recommandé l'utilisation du vaccin d'AstraZeneca dans les pays où des variants sont présents.

L'Afrique du Sud traverse une deuxième vague de coronavirus, largement causée par ce variant, réputé plus contagieux. Officiellement le plus touché du continent, le pays compte près d'1,5 million de cas d'infection et plus de 48.000 décès.

Mais les courbes de chiffres se sont récemment infléchies, les nouveaux cas par jour passant sous la barre des 2.000, contre plus de 20.000 fin décembre.

A la traîne dans la course à la vaccination, l'Afrique du Sud doit recevoir cette semaine les premiers 80.000 vaccins du laboratoire Johnson & Johnson, qui lui permettront de finalement lancer les premières injections.

Le gouvernement a pour objectif de vacciner 67% de sa population d'ici la fin de l'année.