La vaccination avance, la Belgique se déconfine et le nombre de cas ne fait que baisser. Pourtant les contaminations dues au variant Delta continuent leur ascension. Selon Geert Molenberghs, biostaticien de la KU Leuven, le variant Delta représentera plus de 50% des nouveaux cas d’ici la semaine prochaine ou la semaine d’après.

“Les variants se développent toujours lentement jusqu’à ce qu’il y ait une poussée de croissance et que les chiffres commencent à doubler avant de finalement se stabiliser”, déclare Geert Molenberghs au micro de HLN Live ce mercredi. “On s’attend à ce que, d’ici fin juillet, le variant Delta ait supplanté tous les autres variants.”

Ailleurs, en Europe

D’autres pays commencent eux aussi à se faire du souci à propos du variant Delta. En France, par exemple, une étude publiée le 20 juin 2021 - mais non relue par les pairs -, sur le site de prépublication medRxiv , révèle une croissance rapide du même variant pour la région Ile-De-France. Les chercheurs s'inquiètent que “le variant Delta a le potentiel d’initier un rebond épidémique d’ici la fin de l’été.”

En Russie, le gouvernement pense à déjà revacciner afin de rebooster l’immunité de sa population. En quelques semaines, le variant Delta s’est répandu dans le pays et représente déjà 90% des nouvelles infections à Moscou.

Mais c’est le Royaume Uni qui est devenu le triste exemple. Malgré une campagne de vaccination qui progresse rapidement - 80% de la population est partiellement vaccinée et 60% l'est entièrement - , le variant Delta empêche une évolution positive. “On constate que le variant Delta s’installe surtout dans les zones à faible couverture vaccinale, comme à Manchester, où seulement 30% de la population est entièrement vaccinée”, commente Geert Molenberghs.

Aujourd’hui, en Belgique, même si nous avons atteint les 70% de personnes partiellement vaccinées, seulement 40% de la population l'est entièrement. Et les Anglais nous ont montré qu’une seule dose de vaccin n'est pas suffisante. Elle n’apporte qu’à peu près 30% de protection contre le variant Delta, alors qu’avec deux doses, on passe à environ 90%. Le biostatisticien met donc en garde. Même si la campagne de vaccination avance, l’expert n’ose dire si cela limitera l’impact du variant Delta.