La 27e édition du Prix Bayeux des correspondants de guerre a été marquée par un reportage sur les civils déplacés de Syrie, pour Arte, récompensé en télévision grand format, et un sur le sort des Ouïghours en Chine, pour la BBC, primé en télévision format court.

Le "meilleur travail" toutes catégories est un reportage sur les millions de civils syriens venant d’anciens bastions de l’opposition et coincés dans la région d’Idlib, dans le nord-ouest du pays, entre la frontière turque fermée et les offensives du régime et de son allié russe, a estimé le président du jury international Ed Vulliamy, grand reporter irlandais pour le Guardian et The Observer.

"C’est traité à travers le regard d’un journaliste syrien qui revient dans son pays, et celui d’une femme musulmane", une humanitaire, a précisé le journaliste. Ce reporter syrien "parle pour les centaines de millions de personnes dans le monde qui ne savent pas si elles vont un jour rentrer chez elles, revoir leur maison".

L’autre reportage majeur de ce palmarès s’intitule "Les familles ouïghoures", signé John Sudworth et Wang Xiping pour la BBC. Il décroche le prix en télévision format court.

"C’est un reportage fantastique, très coûteux, réalisé à la fois depuis la Turquie, le Kazakhstan et la Chine. Il faut le voir, tant que de tels reportages sont financés", a expliqué Ed Vulliamy.

En radio, le prix revient à Sonia Ghezali et Wahlah Shahzaïb de RFI pour "Afghanistan : après l’attaque de la maternité de MSF".

En photo, le prix du jury international revient à "La guerre plus longue", un reportage sur les talibans en Afghanistan de Lorenzo Tugnoli, de l’agence italienne Contrasto, pour le Washington Post.

En presse écrite, le prix est attribué à Allan Kaval, du Monde, pour "Dans le nord-est de la Syrie, la mort lente des prisonniers djihadistes".

Le prix du public a été attribué à Anthony Wallace de l’AFP pour un reportage photo intitulé "Hong Kong, une révolte populaire".