La négociation avec les talibans commence à susciter la critique

KABOUL Les talibans ont libéré jeudi quatre des sept otages sud-coréens qu'ils détenaient encore, ont rapporté des témoins. Un représentant des talibans a déclaré que les trois derniers otages seraient libérés plus tard dans la journée. Seize otages ont pour l'instant été libérés dans le cadre d'un accord entre Séoul et les talibans, qui avaient exécuté deux des otages au début de leur captivité. Deux autres avaient été libérés peu après, au cours d'un premier cycle de négociations.

La Corée du Sud s'est engagée à retirer ses troupes d'Afghanistan d'ici la fin de l'année, ce qu'elle avait de toute façon déjà prévu depuis 2006. Le gouvernement sud-coréen interdit désormais à ses ressortissants de se rendre en Afghanistan. Interrogé mercredi sur l'éventualité du versement d'une rançon, le porte-parole de la présidence est resté évasif, se bornant à répondre que la Corée du Sud avait fait ce qu'elle devait faire.

Dans un éditorial, le quotidien Chosun Ilbo , principal journal coréen et généralement critique envers le président Roh Moo-hyun, a estimé que le gouvernement devait être loué pour avoir résolu la situation en minimisant les pertes. Le journal a néanmoins mis en garde contre le précédent que constitue le fait d'avoir négocié avec les talibans." Pour la première fois, nous avons dû négocier directement avec des ravisseurs terroristes. Nous ne pouvons nier le fait que ce précédent pourrait à l'avenir constituer un fardeau pour l'image de la Corée" , peut-on lire dans le journal. Plusieurs autres journaux ont exprimé des opinions similaires. Le ministre canadien des Affaires étrangères a également critiqué le fait que la Corée du Sud ait choisi de négocier avec les talibans." La position du Canada sur les relations avec les terroristes est bien connue de tous ceux qui connaissent ce sujet, même de façon limitée. Nous ne négocions pas avec les terroristes, pour quelque raison que ce soit", a déclaré Maxime Bernier dans un communiqué." De telles négociations [...] ne font que mener à d'autres actes de terrorisme", a estimé Bernier. La classe politique allemande a également souligné le danger de telles négociations...



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