Le FN qui échoue à l'entrée du port, la féminisation des assemblées départementales, le dernier bastion préservé du PCF, l'exception de la Lozère... Les dix faits marquants des élections départementales:

- Le FN: s'il a obtenu des gains dès le premier tour (quatre cantons) et s'est qualifié pour le second tour dans plus de 1.100 cantons, le parti de Marine Le Pen n'a pas transformé l'essai, échouant à s'imposer dans les deux départements qu'il lorgnait, à savoir Vaucluse et Aisne. Lundi à 00H00, le FN avait gagné 22 duels et 4 triangulaires.

- Les fiefs du duo Hollande-Valls passent à droite. La Corrèze de François Hollande et l'Essonne de Manuel Valls sont conquises par la droite, qui s'empare aussi de départements d'élection ou d'anciens fiefs d'autres barons socialistes (la Seine-Maritime de Laurent Fabius, le Nord de Martine Aubry, la Saône-et-Loire d'Arnaud Montebourg, les Deux-Sèvres de Ségolène Royal). Deux autres bastions historiques sont perdus par la gauche: les Côtes d'Armor et les Bouches-du-Rhône.

- Les cantons: sur près de 2.000 cantons en France métropolitaine, la droite et le centre en décrochent de 1.137 à 1.157, contre 776 à 796 à la gauche, 43 à 47 pour le FN et 15 à 19 "divers", selon une projection de l'institut de sondages CSA.

- L'exception de la Lozère: de longue date à droite, le département de France le moins peuplé est aussi le seul à basculer... à gauche.

- Le PCF n'a désormais plus qu'un seul bastion: le Val-de-Marne, l'ancien fief de Georges Marchais. Il a perdu l'autre département qu'il dirigeait depuis 2008, l'Allier.

- Le Sud-Ouest: la région reste une poche de résistance pour la gauche. Au sud d'un axe La Rochelle-Montpellier, la quasi-totalité des départements restent à gauche.

- Les femmes: grâce au nouveau mode de scrutin (un binôme homme/femme dans chaque canton), les femmes, sous-représentées jusqu'à présent dans les assemblées départementales, vont faire une entrée en force. Reste à savoir combien de présidences de départements elles obtiendront jeudi, lors du "troisième tour".

- L'union à droite (UMP, UDI voire par endroits le MoDem) a été une des conditions de sa très large victoire. Ce rassemblement fera-t-il des émules à gauche en vue des régionales de décembre et, surtout, de la présidentielle de 2017 ? "Division ? Pan ! Dehors !", a résumé ces derniers jours le Premier ministre Manuel Valls.

- L'UMP et son nouveau président Nicolas Sarkozy remportent une très nette victoire, en raflant la majorité des départements. L'ancien chef de l'Etat marque un point face à ses rivaux à droite pour 2017, dont Alain Juppé. En Aquitaine, l'UMP ne parvient à détrôner la gauche que dans les Pyrénées-Atlantiques.

- L'abstention: si elle est élevée (autour de 50%), elle est moindre que ne le prévoyaient les instituts de sondage avant le premier tour et inférieure au dernier scrutin cantonal en date, en 2011. Elle a été quasiment la même le 22 et le 29 mars.