Jusqu'à 300.000 personnes se retrouvent sans domicile mercredi à Beyrouth, au lendemain des explosions qui ont secoué le port, a indiqué le gouverneur de la capitale Marwan Abboud, estimant le coût des dommages à plus de trois milliards de dollars.

"J'ai fait un tour dans Beyrouth, les dommages peuvent s'élever à entre trois et cinq milliards de dollars", a indiqué à l'AFP le gouverneur, précisant toutefois qu'il attendait une évaluation des experts et des ingénieurs. "Près de la moitié de Beyrouth est détruite ou endommagée", a-t-il estimé, avec 250.000 à 300.000 personnes se retrouvant sans domicile.


Des silos éventrés, l'ONU craint pour la disponibilité de farine

Après l'explosion qui a éventré les silos de céréales installés près du port de Beyrouth mardi, l'Agence des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation, la FAO, craint "d'avoir à brève échéance un problème de disponibilité de farine pour le pays".

"J'ai reçu un très court message du responsable de la FAO à Beyrouth: en effet on craint qu'une grande quantité des réserves de blé sur le port aient été affectées ou détruites par l'explosion. Les stocks sont gravement endommagés" a déclaré le responsable des urgences de la FAO, Dominique Burgeon, joint par l'AFP depuis Paris.

"Et on craint d'avoir à assez brève échéance un problème de disponibilité de farine pour le pays", a-t-il ajouté au cours d'un bref entretien téléphonique.

L'inflation des produits alimentaires de base avait déjà grimpé en flèche au Liban, touché par une profonde dépression économique, atteignant les 109% entre septembre et mai, selon le Programme Alimentaire mondial (PAM), autre agence de l'ONU.

Au moins une centaine de personnes sont mortes, et des milliers d'autres ont été blessées dans les explosions massives qui ont ravagé le port de Beyrouth mardi. Selon le gouverneur de la ville Marwan Abboud, "près de la moitié de Beyrouth est détruite ou endommagée", avec 250.000 à 300.000 personnes se retrouvant sans domicile.

Maya Terro, fondatrice de "Food Blessed", une ONG libanaise qui distribue des aides alimentaires, redoute des pénuries, le port étant la principale porte d'entrée des importations.

"Le Liban importe 80% de sa nourriture. Immédiatement j'ai pensé: +rayons de supermarchés vides, augmentation des prix à cause des pénuries+", a-t-elle dit à l'AFP.