Monde C’est le projet défendu par de célèbres personnalités. En Belgique, les dirigeants du futur gouvernement ne sont pas convaincus.

Des anciens chefs d’États et personnalités de renommée internationale ont remis hier leur rapport sur la drogue au patron de l’ONU, Ban Ki-Moon. Le pavé, intitulé Prendre le contrôle, traite d’un ambitieux projet : la création d’un nouveau régime de contrôle des drogues au XXIe siècle. C’est la première fois qu’un groupe de grands leaders réclame des changements radicaux en la matière.

Le rapport part d’un constat : les 40 ans de guerre contre le trafic de drogue ont été un échec : les drogues illégales et les consommateurs sont toujours aussi nombreux.

Les intellectuels préconisent donc une prise de contrôle des états, plutôt qu’un maintien de la situation actuelle et de ses dérives : marché noir, règlements de comptes, trafic, corruption, etc.

"En affaires, si l’une de nos entreprises est un échec, nous prenons des mesures pour identifier et résoudre le problème. Ce que nous ne faisons pas, c’est de poursuivre des stratégies qui sont des échecs, qui coûtent des sommes énormes d’argent et ne font qu’aggraver le problème", résume, sur CNN, Sir Richard Branson, membre de la Global Commission on Drug Policy et fondateur du groupe Virgin.

En Belgique, une telle initiative n’est pas à l’ordre du jour. La Liégeoise Christine Defraigne (MR), qui pourrait prochainement avoir une place une place de ministre dans le gouvernement fédéral, n’est pas convaincue par la démarche.

"J’attends de voir en quoi le feu vert aux drogues apporterait un plus dans la lutte contre les trafics et contre la criminalité… Je suis dubitative par rapport aux plus-values que ça apporte en terme de santé publique et de sécurité. On minimise les effets dangereux des drogues. Je suis globalement favorable à une tolérance zéro pour les dealers."

Qu’en est-il des autres partis de la coalition suédoise ? "Je parle uniquement au nom de mon parti, le MR. Mais je pense qu’au nord du pays, en cette période de vaches maigres, on n’est pas prêt à dépenser des millions pour une expérimentation en ce genre."

Il y a peu de chances, en effet, que Bart De Wever (N-VA) se montre favorable à une telle initiative. Le n°1 de la N-VA a récemment déclaré qu’il fallait appliquer la tolérance zéro à l’égard du cannabis à Anvers, en infligeant une amende de 75 € à toute personne interpellée pour détention d’une faible quantité de ce stupéfiant.