Dans l'est du Congo, les milices armées défient la communauté internationale

GOMA Un proche de l'ex-général tutsi congolais Laurent Nkunda a déclaré jeudi que leurs troupes observaient une" trêve" dans le Nord-Kivu, conditionnée à la satisfaction de revendications et qui sera rompue en cas d'engagement de renforts de l'armée.

Après de violents accrochages lundi et mardi, les combats ont repris jeudi matin dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu), où le QG d'une brigade défendu par des soldats loyalistes a été le théâtre d'échanges de tirs à l'arme lourde pendant plus de quatre heures, avant une accalmie. "Nous observons une trêve maintenant parce que nous sommes au courant de la venue de troupes gouvernementales en provenance de Bunia (nord-est) et d'autres qui sont en train de venir de Kisangani (nord-est)", a déclaré le" général" Bwambale Kakolele, joint à Kirolirwe, QG de Nkunda dans les montagnes du Masisi. Il a prévenu que si ces renforts gouvernementaux étaient envoyés "au front" , Nkunda engagerait ses troupes "une fois pour toutes", sans plus de précision.

Il a affirmé que le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), le mouvement politico-militaire de Nkunda, se battrait "jusqu'à ce que les accords conclus avec (le général) John Numbi (envoyé par le président congolais Joseph Kabila) à Kigali soient respectés par le gouvernement".

En janvier, le général Numbi avait passé un accord avec Nkunda pour intégrer les troupes insurgées à l'armée régulière au sein de brigades mixées, après de violents combats fin 2006 dans la région.

Bras de fer avec Kinshasa

Nkunda estime que le gouvernement n'a pas respecté ses engagements, en ne formant que cinq brigades sur les six prévues, en refusant de" mixer" le commandement de l'armée au Nord-Kivu et en retirant aux brigades mixées la tâche de traquer les rebelles hutus rwandais qui sévissent dans la région.

Depuis la mi-août, les éléments pro-Nkunda ont commencé à déserter les brigades mixées pour se regrouper en plusieurs lieux stratégiques du Nord-Kivu, tout en consolidant leurs positions dans le Masisi.

Ils accusent l'armée congolaise de pactiser avec les rebelles hutus rwandais, tandis que cette dernière dénonce leur défection au sein des brigades mixées et leurs "attaques" contre les soldats loyalistes.



© La Dernière Heure 2007