Les démocrates ont fait chou blanc

WASHINGTON Dans leurs rêves les plus fous, les démocrates espéraient bien réaliser le grand chelem, à savoir conserver la Maison-Blanche et récupérer la majorité tant à la Chambre des représentants qu'au Sénat, majorité détenue depuis 1994 par le parti républicain.

Si le sort de la bataille pour la magistrature suprême demeurait des plus incertaines, les démocrates ont toutefois fait chou blanc au Congrès: le Grand Old Party conserve les rênes du pouvoir dans les deux assemblées, même de manière très étriquée où, pour la première fois, une First Lady effectuera une entrée fracassante en janvier prochain.

Il s'en est toutefois fallu d'un cheveu au Sénat, où un tiers des sièges étaient à renouveler. Les dernières estimations donnent une stricte égalité au sein de la Haute assemblée: 50-50! Certains estiment cependant que le résultat pour le poste de sénateur de Washington, pour l'instant accordé aux démocrates, n'est pas encore définitif. Le rapport des forces pourrait donc repasser en faveur des républicains (51-49).

Si, malgré tout, les deux partis devaient être à égalité, c'est quand même le Grand Old Party qui conserverait la main. Le vice-président, en effet, est sénateur de droit. Or, le colistier de George W. Bush, Dick Cheney, n'est pas sénateur et ne devra par conséquent pas abandonner son siège pour occuper la présidence de la chambre haute. Or, le vice-président dispose d'un vote décisif en cas de blocage.

Le colistier de Gore, Joseph Lieberman, vient en revanche d'être réélu sénateur du Connecticut et il devra donc abandonner son siège pour prendre la présidence de la chambre haute, en cas de victoire démocrate. Or son remplaçant est nommé par le gouverneur républicain de cet Etat, qui devrait donc choisir un républicain, en attendant la nouvelle élection dans deux ans. Dans ce cas, les républicains redeviendraient majoritaires de deux sièges (51-49), mais auraient toutefois l'immense consolation d'avoir la Maison-Blanche.

A la Chambre, les démocrates ont également raté de peu le coche. Les 435 sièges étaient cette fois renouvelés. Les démocrates ont loupé de peu leur objectif de sept sièges - le nombre de députés nécessaires pour renverser la majorité détenue par les républicains. Plusieurs duels étaient encore incertains, mais les républicains semblent conserver une majorité réduite, les démocrates récupérant un ou deux sièges.

Cette majorité étriquée n'est pas sans risques. Si la victoire de George W. Bush se confirme, la tentation pour les démocrates sera de freiner les efforts de réforme du nouveau président afin d'en récolter les fruits aux prochaines élections au Congrès de 2002, où ils auront alors de fortes chances de reprendre la majorité. Un scénario analogue à celui qu'avait connu Bill Clinton!