Les Nations unies n'ont pas encore tranché qui représenterait ce pays dans la réunion qui s'est ouverte mardi pour une semaine, l'ambassadeur de l'ancien gouvernement déchu ayant aussi demandé à prendre la parole, a ajouté le porte-parole, Stéphane Dujarric.

Les deux demandes concurrentes sont dans les mains de la "commission des accréditations", a-t-il ajouté. La commission des accréditations est composée de la Russie, la Chine, les Etats-Unis, la Suède, l'Afrique du Sud, la Sierra Leone, le Chili, le Bhoutan et les Bahamas.

Le secrétaire général de l'ONU António Guterres a d'abord reçu le 15 septembre une lettre de l'actuelle représentation permanente de l'Afghanistan, signée de son ambassadeur Ghulam Isaczai. Ce dernier est indiqué comme "chef de délégation" pour l'assemblée générale, a rapporté le porte-parole.


Ensuite, le 20 septembre, M. Guterres "a reçu une lettre à en-tête du ministère des affaires étrangères de l'Emirat islamique d'Afghanistan", signée par le chef de la diplomatie désigné par les talibans après leur arrivée au pouvoir mi-août.

Amir Khan Muttaqi "demande à participer" au grand rendez-vous diplomatique mondial, a ajouté le porte-parole, sans préciser s'il entendait parler en personne à New York ou par vidéo enregistrée, comme c'est autorisé cette année en raison du Covid-19.

Dans sa lettre, le ministre taliban a souligné qu'Ashraf Ghani a été "renversé" et que les pays à travers le monde "ne le reconnaissent plus comme président" de l'Afghanistan. Un porte-parole des talibans à Doha, Suhail Shaheen, est désigné ambassadeur d'Afghanistan à l'ONU, selon cette missive.

La plupart des gouvernements de la planète n'ont pas encore reconnu le gouvernement nommé par les talibans. Ils exigent auparavant qu'il remplisse plusieurs conditions, dont le respect des droits des femmes et son engagement à laisser partir d'Afghanistan ceux qui le souhaitent.